Toulouse : Quel bilan pour les caméras-piétons des policiers municipaux ?

SECURITE Les policiers municipaux de Toulouse portent depuis plus d’un an sur leurs torses une caméra-piéton, surtout utile pour désamorcer les situations tendues

Hélène Ménal

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Un policier municipal de Toulouse équipé d'une caméra-piéton.
Un policier municipal de Toulouse équipé d'une caméra-piéton. — Ville de Toulouse
  • Depuis quatorze mois, les policiers municipaux de Toulouse sont munis de 80 caméras-piétons.
  • Sur le terrain comme pour la hiérarchie, le bilan est jugé positif, notamment pour apaiser ou « objectiver » les situations qui dérapent.
  • Les agents de la Ville rose ajouteront bientôt des « tasers » à leur panoplie.

A l’automne dernier, les policiers municipaux de Toulouse ont repéré une jeune femme garée en vrac place Saint-Pierre, après probablement un bon moment festif. Le ton est monté, elle a été ramenée au poste. Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là : elle a prétendu avoir été extirpée par les agents à travers la vitre de sa voiture. L’affaire aurait pu dégénérer en polémique sur les violences policières. Mais, parce que la patrouille avait enclenché sa caméra-piéton, les images ont démenti la version de l’automobiliste. « Alors que normalement, il aurait fallu un long travail d’enquête », souligne Emilion Esnault, l’adjoint au maire en charge de la Sécurité. Quatorze mois après la livraison des 80 appareils (pour un montant de 40.000 euros) au QG de la police municipale, l’élu tire un bilan « très positif » du nouveau dispositif.

Chaque fois qu’un trio d’agents part en patrouille, l’un d’entre eux pioche une caméra-piéton en cours de rechargement sur la table commune. L’engin reste allumé, mais en veille, pendant huit heures. Et la caméra ne se déclenche réellement que quand le policier a l’intuition que la situation va se tendre. Il l’annonce d’ailleurs à son interlocuteur et une loupiote rouge apparaît. « Cela permet surtout d’apaiser les choses quand le ton vient à monter, car les uns et les autres savent que ça objective la situation », assure Emilion Esnault.

« Pas de contestation, ni d’affabulation possible »

Sur le terrain, le ressenti est le même. « C’est carré, on entend bien ce qui se dit, c’est une bonne avancée pour nous, estime Didier Cabanié, secrétaire syndical FO de la police municipale. Il n’y a pas de contestation, ni affabulation possible ». D’autant qu’un système de temporisation permet de remonter à 30 secondes avant le déclenchement.

Les policiers ne voient jamais leurs images. Quand ils reposent la caméra sur son socle, elles sont automatiquement téléchargées. Comme pour la vidéosurveillance, elles sont conservées un mois, accessibles seulement pour la hiérarchie ou des enquêteurs sur réquisition judiciaire. Preuve de l’effet apaisant de la lumière rouge, les caméras-piétons toulousaines n’ont donné lieu qu’à huit réquisitions depuis leur arrivée alors que la vidéosurveillance a été sollicitée à 1.800 reprises en un an par la justice.

Bientôt des « tasers »

La Loi sur la Sécurité Globale en cours de discussion pourrait d’ailleurs permettre aux deux dispositifs d’être couplés. Les images des caméras-piétons pourraient être renvoyées en direct au PC vidéo, permettant de mieux évaluer les situations et de dimensionner d’éventuels renforts. Mais Emilion Esnault ne veut pas se prononcer sur cette possibilité encore virtuelle. Un autre équipement plus concret est dans les tuyaux : les fameux pistolets à impulsion électrique. Ces « armes intermédiaires » sont commandées et attendues pour ce trimestre. Il y en aura un par patrouille, comme pour les caméras. Certains policiers municipaux, recrutés dans d’autres villes, sont déjà habilités. Les autres devront suivre « une formation sur plusieurs mois ».