Toulouse : 3 °C de plus en hiver, 4 °C en été… On vous dit tout sur les fameux îlots de chaleur urbains

METEO A Toulouse, une flotte de capteurs météo, bientôt renforcée, sert à identifier les îlots de chaleur urbains. Elle indique que les quartiers des faubourg sont davantage touchés par le phénomène

Hélène Ménal

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Une Toulousaine masquée sur la place du Capitole, un jour de beau temps. Illustration.
Une Toulousaine masquée sur la place du Capitole, un jour de beau temps. Illustration. — F. Scheiber - Sipa
  • A Toulouse, 15 nouveaux capteurs météo vont être installés pour peaufiner les données sur les fameux îlots de chaleur urbains.
  • Les premiers ont déjà livré leur verdict et montrent que les faubourgs sont plus exposés à la chaleur.
  • La nouvelle cartographie doit servir de guide, ou de correcteur, pour les aménagements urbains.

Si vous faites partie de ces Toulousains qui ne sortent plus sans leurs moufles et cache-oreilles en ces temps de gelées matinales, rassurez-vous, il fait encore plus froid dans la campagne environnante : 3°de moins en moyenne. C’est en tout cas le constat dressé grâce aux 60 capteurs météo déployés sur le territoire de la métropole.

En collaboration avec le Centre de recherches de Météo-France, leurs données – disponibles d’ailleurs en Open Data pour les férus de statistiques – permettent aux services métropolitains d’étudier le phénomène désormais bien connu des « îlots de chaleur urbains ». Cette propension des sols et bâtiments à emmagasiner la chaleur se fait plus problématique maintenant que les épisodes caniculaires, estivaux et même parfois printaniers, se multiplient.

2 °C de plus en moyenne

Quinze nouveaux capteurs doivent être installés d’ici à l’été, mais le « moulinage » des données a déjà livré un premier verdict : « L’été, deux heures après le coucher du soleil, il fait en moyenne 2 °C de plus à Toulouse qu’à la campagne, dans la forêt de Bouconne par exemple » souligne François Chollet, vice-président de la métropole chargé du Développement durable.

La différence de température peut être bien plus grande, en particulier dans les faubourgs, au Busca ou aux Minimes pour ne citer qu’eux. Et, logiquement, les capteurs confirment que les parcs urbains remplissent leur rôle d’îlots de fraîcheur.

Expérience grandeur nature au Ramier

Alors à quoi peut bien servir cette cartographie qui s’étoffe avec l’expertise de Météo-France ? « A nourrir la réflexion en matière d’aménagement, à s’intégrer par exemple dans le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUIH) », répond l’élu. Et en premier lieu à identifier les secteurs où il faut agir en priorité, en retirant parfois bitume ou béton. Une expérience grandeur nature est actuellement menée en parallèle de la déconstruction du Parc des Exposition de l’île du Ramier. « Nous lançons une "débitumisation", rappelle François Chollet, et la comparaison des données avant-après nous montrera son effet. » Les capteurs pourront aussi permettre d’évaluer a posteriori la pertinence de tel ou tel aménagement.