Une déchetterie rejetée par les riverains

Eric Dourel

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Plus que quelques jours avant la fin de l'enquête publique sur la révision du plan local d'urbanisme (PLU), qui pourrait autoriser un projet hautement polémique. Le 12 février, on saura si un centre de regroupement de déchets dangereux peut s'installer aux portes de Toulouse. Une éventualité qui suscite la colère des riverains. Fin juin, le conseil municipal de Lafitte-Vigordane, village de 654 habitants situé au sud de Toulouse, avait voté cette révision de son PLU pour faciliter l'implantation d'une entreprise « à caractère privé présentant un intérêt général ». On sait désormais que ce projet, porté par la société Eoval, filiale de Veolia environnement, est une plate-forme de regroupement, préparation et transit de déchets dangereux (peintures, solvants, huile de vidange, piles, aérosols...). D'une capacité annuelle de 20 000 t, ce centre accueillerait les déchets produits par l'artisanat, l'industrie et les ménages des huit départements de Midi-Pyrénées.

Lorsque courant septembre, les riverains apprennent la nouvelle, ni Eoval, ni la mairie n'ont encore lancé la concertation. La colère fait place à la surprise. Pour Guy Bordone, président de l'association Saga environnement, les points noirs sont nombreux : « La zone devait être reconvertie en une zone de pâturage et de reboisement. La nappe phréatique se trouve à 2 m en dessous du niveau des futures installations. Les premières habitations, sous les vents dominants, sont à moins de 300 m. Enfin, l'activité de broyage nous laisse penser que les déchets seront traités sur place. »

Des conjectures que réfute François Gouazé, maire (DVG) de la commune. « Il n'y aura pas de traitement ni d'incinération, aucun risque non plus pour la nappe phréatique. Ce centre respectera les normes environnementales. » De son côté, Jean-Marc Lassus, chargé de la concertation à Eoval, s'abstient de communiquer « tant que l'enquête publique pour la révision du PLU est en cours ». Après cette échéance, la société déposera réellement son projet. ■