Coronavirus à Toulouse : On vous dit pourquoi la troisième ligne de métro aura trois ans de retard

CONTRETEMPS La crise du Covid-19 a coûté cher à Toulouse Métropole. Elle va entraîner un retard de trois ans pour la mise en service de la troisième ligne de métro

Hélène Ménal
— 
L'aménagement intérieur des rames du Métropolis d'Alstom.
L'aménagement intérieur des rames du Métropolis d'Alstom. — Alstom
  • La troisième ligne de métro de Toulouse sera finalement mise en service fin 2028, trois ans après la date prévue.
  • Les travaux vont démarrer comme annoncé mais, en raison de l’impact financier de la crise sanitaire, ils vont être étalés dans le temps.
  • « Le choix de la sagesse », selon Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse.

Les travaux de la troisième ligne de métro de Toulouse démarreront, comme annoncé, fin 2022. Mais – c’est là la mauvaise nouvelle – ils ne se termineront que fin 2028, trois ans après la date prévue.

Cet étalage du chantier dans le temps a été annoncé ce lundi par Jean-Luc Moudenc (LR), maire de Toulouse et président de la métropole. « Le choix de la sagesse (…) qui permet de préparer l’avenir sans sacrifier le présent », dit-il. L’autre solution aurait été selon l’édile de scinder le chantier en deux au risque « d’opposer l’est à l’ouest de notre agglomération ». Ou encore d’augmenter les impôts locaux alors que la majorité veut tenir pour ce mandat sa « promesse de stabilité fiscale ».

Cette temporisation, attendue depuis le premier confinement, s’appuie sur des chiffres. Selon Sacha Briand (LR), l’élu en charge des finances de la métropole, la crise sanitaire a en effet considérablement impacté les comptes des collectivités. De Tisséo en premier lieu, avec une perte de 35 millions d’euros (puis de 30 millions en 2021 et 2022) en "versement transport", la contribution des entreprises. Les recettes de billetterie sont à l’avenant : en chute de 36 millions cette année et probablement de 15 millions l’année prochaine.

Un impact financier énorme

Même chose du côté des rentrées fiscales de la métropole : « moins 19 millions en 2020, moins 40 millions en 2021, moins 15 millions en 2022 », égrène le spécialiste des finances. Sans compter les redevances qui ne rentreront pas, ou peu, comme celle versée par l’exploitant du nouveau Parc des expos.

Enfin pour la ville de Toulouse elle-même, les dépenses exceptionnelles consenties au fil de la crise représentent, d’après le Capitole, 154 millions d’euros, « l’équivalent de 4.000 fonctionnaires ou de la construction de 15 à 20 nouveaux groupes scolaires ».

Le nouveau calage de la ligne de la ligne Toulouse Aerospace Express (TAE) entraîne aussi un changement pour le prolongement de la ligne B (CLB) vers l’Institut national polytechnique (INPT). Sa mise en service est désormais annoncée pour 2026, au lieu de 2025.