Toulouse : Pendant le confinement, les bières artisanales se font mousser

GRAND BRASSAGE A Toulouse, à défaut de soirées sympas dans les bars, les confinements ont donné lieu à une véritable effervescence dans le secteur de la bière artisanale

Guillaume P. Chambon
— 
Une bière. Illustration.
Une bière. Illustration. — rawpixel
  • Alors que les bars trinquent, à Toulouse, la crise sanitaire s’est accompagnée d’un grand brassage d’initiatives dans le secteur de la bière artisanale.
  • Des musiciens sont devenus brasseurs, des éditions limitées vendues en ligne ont cartonné, et une idée de brasserie-guinguette a vu le jour.
  • 20 Minutes fait la tournée des bières « maison » qui ont réussi à se faire mousser quand même. 

C’est un fait, les grands projets naissent souvent d’une discussion autour d’une bière. Et si ledit projet était de produire de la bière ? C’est exactement ce qui est arrivé à Turbo Niglo, un groupe de power manouche (un mélange de jazz manouche et d’électro-rock). Respectivement musicien et machiniste, Sami Chaibi et Mike Davis, ont profité des confinements​ pour se réinventer en devenant brasseurs. « On produisait déjà pour notre consommation personnelle et un jour, en rigolant, on s’est dit pourquoi pas les commercialiser », confient-ils. Trois sortes de bières estampillées Turbo Bach sont nées de la plaisanterie.

Ne pouvant plus partir en tournée, les deux amis d’enfance ont tenté de « réinventer la culture ». Sami Chaibi explique que « chaque bière contient un QR code qui renvoie à une de [nos] vidéos ». Il précise également que la gestion des étiquettes a été confiée à l’entreprise toulousaine Sergent Papers. « Faute de flyers ou d’affiches, ils se sont retrouvés tout autant impactés que nous, ce qui fait qu’on a voulu leur filer un coup de pouce ».

Des fûts d’idées

Pour Ice Breaker, qui a lancé son unité de production à Montrabé en janvier 2020, le confinement aurait pu compromettre l’aventure « bièricole ». Mais les trois associés, Anne-Sophie Bigot, Dan Letellier et Rodrick Gaston, désormais connus à Toulouse pour avoir inventé la fameuse bière à la chocolatine, ne se sont pas laissés démonter. Dans l’impossibilité d’écouler leur production dans des festivals qui n’avaient plus lieu, ils ont misé sur la vente en ligne et la créativité.

« Comme on venait de monter le projet, on n’a pas pu bénéficier des aides, donc il a fallu s’adapter, raconte Anne-Sophie Bigot. Pour créer l’événement, on a tout misé sur le concept d’éditions limitées. Résultat, la première a fait carton plein, comme les suivantes ». Depuis leur lancement, le trio a vendu plus de 30.000 litres de bières et compte bien doubler cette quantité à partir du mois de janvier.

Future guinguette et bière à vie

Les French Brasseurs quant à eux, déjà dans le paysage depuis 2018, ont profité du confinement pour faire des plans sur la comète. Deux nouveaux associés ont rejoint le projet et LFB envisage d’ouvrir une guinguette à Pechbonnieu en avril 2021. L’établissement aura pour vocation de brasser ses propres bières mais aussi d’accueillir des after-works. « Ce confinement a fait perdre les liens qu’on avait entre collègues, souligne Yohann Bauzil, récemment devenu associé. Du coup, notre guinguette sera le lieu idéal pour que les gens puissent se détendre et retrouver ces liens ».

En attendant, les brasseurs peaufinent le projet. Ils ont lancé une cagnotte de financement participatif permettant de gagner de la bière gratuite à vie. L’idée est de produire de la bière écoresponsable en réutilisant l’eau de refroidissement du mélange houblonné pour en faire de la limonade. L’occasion de faire d’une pierre deux coups.