Toulouse : Pour les riverains de Fondeyre, le départ d'une entreprise Seveso est un signal pour celui du dépôt Esso

POLLUTION Alors qu'un comité de suivi du site Seveso de Fondeyre se tient jeudi, les riverains renouvellent leur demande de départ du dépôt pétrolier après l'annonce de fermeture de la STCM en fin d'année

Béatrice Colin

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Site pétrolier de Fondeyre à quelques kilomètres seulement du centre ville. 20/09/2011 Toulouse
Site pétrolier de Fondeyre à quelques kilomètres seulement du centre ville. 20/09/2011 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Au nord de Toulouse, à 5 km du Capitole, la STCM et le dépôt pétrolier Esso sont classés sites Seveso Seuil haut.
  • La société STCM, qui recycle des batteries au plomb, a annoncé qu’elle fermerait ses portes en fin d’année.
  • Un signal pour les riverains qui aimeraient voir le dépôt pétrolier déménager hors de cette zone de plus en plus urbanisée.

A la fin de l’année, la société STCM, située dans le quartier Fondeyre fermera définitivement ses portes. Installée depuis 1952 à Toulouse, elle est spécialisée dans le recyclage des batteries au plomb, en particulier de leur broyage. Il y a plus d’un an, en septembre 2019, un feu s’était déclaré dans un de ses hangars de stockage, faisant monter au créneau les riverains.

Car, comme le dépôt pétrolier Esso voisin, elle fait partie des établissements français classés Seveso seuil haut. Si des raisons économiques et la concurrence frontalière ont poussé à la fermeture de son entreprise toulousaine qui emploie sept personnes, le groupe STCM-APSM, qui compte deux autres sites en France, évoque aussi d’autres raisons. « La situation géographique du site, à Toulouse et dans une zone désormais urbanisée, impose un respect strict des contraintes réglementaires et environnementales de plus en plus exigeantes », relève le groupe dans un communiqué qui avait investi 1,3 million d’euros d’investissements sur ces questions au cours des cinq dernières années.

Réunion de suivi de site jeudi

Une justification qui apporte de l’eau au moulin des habitants du quartier qui depuis de nombreuses années demandent le déménagement de l’ensemble des installations Seveso. Une proposition qu’ils ne manqueront pas de remettre sur le tapis ce jeudi, lors de la commission de suivi de site (CSS) qui se réunit ce jeudi.

« C’est un signal, cela sonne comme la fin pour le dépôt pétrolier Esso qui n’a plus sa place dans le quartier en plein développement, qui va accueillir la troisième ligne de métro et de nouveaux aménagements urbains. Les arguments de départ de la STCM, on peut appliquer les mêmes à Esso », assure Serge Baggi, président du comité de quartier Minimes-Barrière de Paris, soutenu dans ses démarches par quatre autres collectifs de riverains.

En attendant le départ effectif de STCM, tous réfléchissent déjà à l’après. Que ce soit à la dépollution du site où des tonnes de plomb ont été traitées au fil des ans, comme au devenir du PPRT, le fameux Plan de prévention des risques technologiques conjoint à la STCM et au dépôt pétrolier Esso.

35.000 m3 de carburants

Le départ de l’une des deux entreprises aura forcément des conséquences sur ce document qui régit les normes d’urbanisme à respecter autour de leur périmètre. « La modification ou la révision du PPRT n’est pas à l’étude dans la mesure où la procédure de cessation d’activité du site STCM n’est pas aboutie. Une telle procédure ne pourrait être envisagée qu’au terme de la fermeture administrative du site », précise la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), en charge de ces questions de risques industriels.

Parmi les arguments dans leur portefeuille pour voir partir les cuves qui stockent 35.000 m3 de carburants, les riverains peuvent compter sur l’appui des collectivités, toutes favorables à un déménagement. Il avait été chiffré à 25 millions d’euros il y a plus de dix ans, et devait être remis sur le tapis grâce à une étude sur le sujet prévu dans le cadre du PPRT de 2017.

« Plus ça traîne et plus il sera difficile de trouver un lieu autour de Toulouse pour accueillir le dépôt. Il y a des exigences à avoir sur la sécurité surtout quand on voit qu’il y a eu un déraillement d'un train transportant du carburant pour le dépôt l’an dernier alors que ce risque n’existait soi-disant pas… Ça me rappelle le bâtiment 221 d’AZF », compare en connaissance de cause Serge Baggi, ancien salarié de l’usine chimique qui explosa le 21 septembre 2001.