Confinement à Toulouse : Le bar-concert Le Bijou part en e-live avec des places virtuelles (à prix libre)

LA VIE D'AVANT A la guerre comme à la guerre, des groupes continuent de jouer sur la scène du Bijou à Toulouse. Le bar-concert entretient la flamme et certains spectateurs paient même leurs places

Eric Dourel

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Au Bijou, le groupe Boucan a essuyé les plâtres et ça lui a fait du bien.
Au Bijou, le groupe Boucan a essuyé les plâtres et ça lui a fait du bien. — Boucan
  • Ce jeudi 26 novembre, Le Bijou propose un e-live de Dimoné à suivre depuis son salon.
  • La semaine dernière, pour le concert virtuel de Boucan, 2.500 à 3.000 personnes se sont connectées.
  • 47 spectateurs ont même accepté de payer leur place virtuelle pour soutenir le premier concert.

Inventer pour continuer d’exister… en attendant le 15 décembre. A l’image du monde de la culture, Le Bijou, subit de plein fouet ce deuxième confinement. Bar-resto emblématique de l’avenue de Muret, à Toulouse, il a bâti sa réputation sur sa vocation à accueillir dans une salle de 89 places assises, des artistes dont la musique est entièrement dédiée à la chanson d’expression francophone. Cali, Benabar, Juliette, Yann Tiersen, Les Têtes Raides s’y sont par exemple succédé.

« On s’est dit qu’avec ce deuxième confinement, il ne fallait pas rester les bras ballants. On a donc enfourché le tigre en proposant à deux groupes de relever le défi de ce concept d’e-live », explique Pascal Chauvet, directeur et programmateur du bar.

« Enchaîner les morceaux, ça fait du bien au moral »

La semaine dernière, le groupe Boucan, un duo qui mélange astucieusement rock, jazz et chanson française, a essuyé les plâtres en s’installant sur scène pour un set d’une heure. Face à eux, trois caméras, deux techniciens, un régisseur vidéo pour retransmettre leur performance en simultanée sur YouTube, Facebook et Twitch. « Le fait de monter sur des planches, d’enchaîner des morceaux, ça fait du bien au moral, surtout quand tous tes concerts de novembre et décembre ont été annulés, savoure Bruno Izarn, guitariste, chanteur et joueur de banjo dans Boucan. On pouvait interagir avec des potes qui chattaient en direct et eux aussi pouvaient interagir entre eux, presque comme dans la vie d’avant… »

Même son de cloche du côté de l’équipe du Bijou : « Le virtuel ne remplacera jamais le présentiel, mais voir des musiciens reprendre possession du lieu, manger avec eux, oui, ça réchauffe le cœur », renchérit le patron.

« Bien au-delà de nos espérances »

Entre 2.500 et 3.000 personnes ont assisté à ce e-live depuis leur salon. 375 à 450 sont restés plus d’une demi-heure. Le Bijou avait proposé au public d’acheter des places virtuelles à prix libre pour soutenir l’initiative. 47 spectateurs ont joué le jeu en déboursant chacun en moyenne l’équivalent de 10 euros. « Evidemment que ça ne rembourse pas les frais, mais ça entretient la flamme et puis c’est allé bien au-delà de nos espérances », retient Pascal Chauvet.

Ce jeudi, c’est Dimoné, artiste inclassable, qui sera sur la scène du Bijou, à 20 h 30. En e-live, évidemment…