Toulouse : Pourquoi la métropole exclut de recourir à l’encadrement des loyers

LOGEMENT Contrairement à Bordeaux ou Montpellier, la métropole de Toulouse n’est pas candidate à l’expérimentation d’un encadrement des loyers. Et elle ne le sera jamais. Explications

Hélène Ménal

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Illustration. Toulouse vue d'en haut depuis le quartier Saint-Cyprien. Illustration.
Illustration. Toulouse vue d'en haut depuis le quartier Saint-Cyprien. Illustration. — Alexandre GELEBART/REA
  • Alors que Bordeaux, Lyon ou Montpellier s’y mettent, Toulouse métropole n’expérimentera pas l’encadrement des loyers.
  • Après consultation des professionnels et des niveaux de loyers, elle estime ne pas correspondre aux critères.
  • Jean-Luc Moudenc (LR) veut aussi tenir sa promesse de campagne.

Après les pionnières que sont les villes de Paris et Lille, Bordeaux, Lyon ou encore Montpellier s’apprêtent à expérimenter l’encadrement des loyers. Mais pas la métropole de Toulouse. Elle n’a jamais été candidate à la mesure, contrairement à une information qui a circulé ce mardi matin indiquant que la ministre déléguée au Logement Emmanuelle Wargon​ déplorait la reculade de la Ville rose.

En fait, la question a été tranchée depuis décembre 2019 dans la capitale de l’Occitanie. Au moment où un groupe d’étude – composé d’élus « de tous bords politiques », précise aujourd’hui la mairie, et de professionnels – a conclu que la métropole ne remplissait pas les critères requis pour tester le dispositif.

Des loyers un peu plus bas qu’ailleurs

Par exemple, le niveau du loyer médian dans le privé doit être élevé. Or, sur le territoire métropolitain et d’après les données récentes du groupe de travail, il est de 11 euros/m2, ce qui place Toulouse loin derrière Paris (23,60 euros en 2018) mais aussi un peu plus bas que Montpellier (12,30 euros), Marseille (11,70 euros) ou Bordeaux (11,20 euros). Ensuite, l’écart entre les loyers du secteur privé et du secteur public devait être « important ». Il est de 4.80 euros/m2 à Toulouse contre 6,4 euros à Montpellier, 5,60 euros à Lyon et 5,20 euros à Bordeaux.

Ensuite, il fallait que le rythme de constructions soit faible. Et le plan local d’urbanisme intercommunal affiche un objectif « ambitieux » de 7.000 logements neufs par an en moyenne entre 2020 et 2025, même si ce chiffre devrait être revu à l’aune de la crise sanitaire.

Dans le programme

« L’indice de référence des loyers (IRL) a baissé à Toulouse entre le deuxième et troisième trimestre malgré la crise sanitaire, insiste Bertrand Serp, l’élu en charge du Logement. Nous ne sommes pas du tout dans une situation où les indicateurs s’affolent. Cette expérimentation ne correspond tout simplement pas à notre réalité du terrain. » Pour toutes ces raisons, Toulouse n’emboîtera pas le pas des autres grandes métropoles. Ni aujourd’hui, ni plus tard, même si l’opposition, et notamment l’élu François Piquemal, ex-responsable du Droit au logement (DAL), le réclame avec vigueur.

Pierre Esplugas, le porte-parole du groupe majoritaire « Aimer Toulouse » rappelle que le programme du maire Jean-Luc Moudenc (LR) « annonçait clairement que les loyers ne seraient pas encadrés ». Cette promesse électorale sera donc tenue.