Haute-Garonne : Jeune mère privée de son enfant et femme enceinte en rétention, le coup de gueule de la Cimade

MIGRANTS Une jeune mère a été placée en rétention au cours du week-end dernier, sans son enfant de 20 jours, avant d’être libérée quatre jours plus tard. Une situation dénoncée par la Cimade

B.C.

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Au centre de rétention 
 de Cornebarrieu en Haute-Garonne.
Au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne. — F. Scheiber/20 minutes

« Elle n’était pas bien, très inquiète pour son bébé qu’elle allaite, et l’enfant non plus n’allait pas bien, il ne se nourrissait plus », relate Pablo Martin, intervenant de la Cimade au Centre de rétention de Cornebarrieu, au nord de Toulouse. L’association, qui vient en aide aux migrants, a pris en charge samedi dernier cette maman de 18 ans d’origine croate placée en rétention après avoir été interpellée dans le Tarn, mais sans son nourrisson de 20 jours.

Quatre jours plus tard, elle a fini par être libérée sur décision de la cour d’appel. Le cercle des Voisins, qui réunit des riverains du CRA, s’est occupé mercredi soir lors de sa sortie de la jeune femme, qui après une demande de régularisation a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

« Pendant quatre jours, il n’y a pas eu de décision préfectorale alors qu’elle était privée de son bébé, c’est dramatique. Quel est l’intérêt de la placer en rétention, d’autant plus qu’en raison de la crise sanitaire on sait que les possibilités de retour dans le pays d’origine sont faibles », interpelle Pablo Martin.

Femme enceinte

Un cas de mère de famille qui n’est pas isolé selon lui. Depuis le 10 octobre, le centre de rétention accueille une mère de famille enceinte de six mois et privée elle aussi de ses enfants en bas âge. Cette Bosnienne attend depuis un mois et demi que son cas soit statué, mais pour la Cimade, elle risque de passer 60 jours en rétention avant d’être libérée.

Sollicitée par 20 Minutes, la préfecture n’a pas donné suite à notre demande.