Confinement à Toulouse: Market place, appli mobile, click and collect... La course contre la montre des commerçants

COMMERCE A Toulouse et en Haute-Garonne, les initiatives se multiplient pour inciter à consommer local et accélérer la transition numérique des commerces de proximité. Question de survie

Hélène Ménal

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Un commerce toulousain passé au
Un commerce toulousain passé au — F. Scheiber - Sipa
  • Le deuxième confinement ne laisse pas d’autre choix aux commerçants que d’accélérer leur migration vers le numérique.
  • A Toulouse et Haute-Garonne, les initiatives se multiplient dans l’urgence.
  • Les commerçants de la Ville rose préparent pour le 1er décembre le lancement d’une appli mobile « souveraine ».
  • Au sud-est de la Ville rose, le Sicoval lance dès ce jeudi 12 novembre sa market place et appelle à consommer local.

Restaurants, boutiques de prêt-à-porter, d’articles de sport… Depuis vendredi, les quelque 1.700 commerçants du Sicoval, une communauté de communes du sud-est de Toulouse, ont reçu un appel de leur mairie. La proposition était simple : intégrer gratuitement et pour un an la plateforme d’e-commerce Click'n CO qui sera lancée dès ce jeudi 12 novembre, dans l’urgence dictée par ce deuxième confinement. Avec paiement en ligne sécurisé, possibilité de prendre un rendez-vous « clic and collect » si c’est possible, de se faire envoyer les articles, ou de contacter directement le commerçant, en fonction de l’organisation qu’il aura choisie.

« Nous voulons faire en sorte que tout le secteur garde la tête haute », explique Jacques Oberti, le président du Sicoval, qui a obtenu un coup de pouce des start-up locales pour aider les commerçants à migrer. L’idée est aussi d’en appeler « à la solidarité des habitants », sur le long terme, pour soutenir l’activité locale et, comme le dit le maire de Labège Laurent Chérubin, « créer un réflexe sicovalien ». L’ambition, est la même, à l’échelle de la Haute-Garonne, pour la plateforme Géo'local31, lancée par le conseil départemental et la Chambre de commerce et d’industrie d’Occitanie et la Chambre de métiers. Son mapping permet de repérer le commerçant ou l’artisan spécialisé le plus proche.

Une appli mobile complète à partir du 1er décembre à Toulouse

A Toulouse, ce sont les commerçants eux-mêmes qui pilotent la transition dans une grande effervescence. « Un professionnel sur six seulement est équipé pour faire du commerce en ligne parce que son métier c’est d’être dans son magasin », rappelle Philippe Léon, le président de la fédération des artisans et commerçants, engagée dans une véritable course contre la montre. Elle boucle ce qui était aussi une « market place » quand l’idée a été évoquée pour la première fois en juin avec la mairie, après la terrible épreuve du premier confinement. « Toutes les initiatives sont bonnes à prendre mais nous avons décidé d’aller beaucoup plus loin avec une appli mobile », annonce le commerçant du centre-ville.

L’appli en question sera « souveraine ». Garantie donc « sans Gafa », chacun pourra la personnaliser à sa guise, sans crainte de voir monter des pubs intempestives. « Nous allons aussi l’ouvrir au monde la culture et des spectacles pour les annonces de concerts par exemple », poursuit Philippe Léon qui espère ainsi préserver, même en numérique, le fameux « lien social ».

L’appli mobile « Toutoulouse » doit être prête pour le 1er décembre, histoire de couvrir la période des achats de Noël. Elle sera gratuite pour les commerçants le temps de traverser la crise sanitaire. Le grand saut technique doit avoir lieu ce mercredi avec l’envoi des premiers fichiers informatiques pour permettre aux commerçants intéressés de basculer « facilement » dans l’univers numérique.