Coronavirus en Haute-Garonne : Les médecins s’organisent pour rouvrir 23 centres Covid-19

EPIDEMIE En rouvrant les centres Covid-19 un peu partout, les médecins généralistes de la Haute-Garonne espèrent pouvoir continuer à soigner les autres patients dans leurs cabinets et éviter ainsi des hospitalisations

Hélène Ménal

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Un médecin dans un centre Covid installé dans un gymnase en avril 2020, en plein confinement.
Un médecin dans un centre Covid installé dans un gymnase en avril 2020, en plein confinement. — Loic Venance - AFP
  • Vingt-trois centres Covid-19, donnant des consultations médicales, vont progressivement rouvrir à Toulouse et en Haute-Garonne à l’initiative de l’Ordre des médecins.
  • L’idée est, comme durant le confinement, d’orienter les flux des suspicions de Covid-19 ailleurs que vers les cabinets des généralistes.
  • Ils pourront ainsi rester ouverts pour les autres patients.
  • Les centres, qui fonctionneront sur rendez-vous, pratiqueront des tests, PCR et même antigéniques.

L’initiative est inédite en France. Elle a un petit parfum de confinement et marque un retour aux fondamentaux. Les médecins généralistes de la Haute-Garonne sont en train de s’organiser pour rouvrir, à Toulouse comme dans les territoires ruraux, 23 « centres Covid ». Pas de simples drives mais des accueils où les visiteurs auront droit à des consultations médicales. « Pour écouter un poumon, prendre une saturation, c’est quand même mieux qu’en téléconsultation », souligne Stéphane Oustric​, le président du Conseil départemental de l’Ordre des médecins.

Alors que l’épidémie galope, l’idée est de reproduire ce qui a plutôt bien marché lors de la première vague : séparer le flux des suspicions de Covid-19 de celui des autres pathologies pour éviter de jongler avec les horaires d’ouverture des cabinets. « Nous ne devons pas oublier les autres patients. Il est important de continuer à les voir dans nos cabinets, sinon, ça peut amener à des hospitalisations qui vont potentiellement contribuer à la mise en tension des hôpitaux et cliniques », explique Stéphane Oustric.

Sur rendez-vous, avec tests PCR et antigéniques

Sur les 23 centres de ce cercle vertueux, pour lesquels le préfet a donné son feu vert et dont les adresses seront dévoilées jeudi, sept seront implantés à Toulouse : six dans des préfabriqués et un autre route d’Espagne, dans les locaux de SOS médecins. Les professionnels, qui veulent profiter des vacances de la Toussaint pour faire « monter en puissance » le dispositif, sont en contact avec les élus et aimeraient cette fois éviter les écoles ou gymnases pour ne pas paralyser plus encore vie locale.

Sur le fonctionnement de ces centres, tout est à peu près calé. Ils seront ouverts la moitié de la journée. Pas besoin de s’y précipiter de façon anarchique à la moindre quinte de toux. Il faudra téléphoner à son médecin traitant qui prendra lui-même rendez-vous au centre s’il l’estime nécessaire. « Nous ferons des tests PCR mais aussi des tests antigéniques, avec résultats rapides en moins de 30 minutes, précise Stéphane Oustric, car nous voulons tester l’efficacité de ces derniers en conditions réelles ».

En Haute-Garonne, Toulouse et 42 communes voisines sont en état d’alerte maximale, donc sous couvre-feu sanitaire, et 69 autres sont en alerte renforcée. Le taux d’incidence est de 252 cas pour 100.000 habitants dans le département et de 289,5 cas dans la métropole toulousaine. Le nombre de cas chez les habitants de plus de 60 ans connaît une progression inquiétante.