Coronavirus à Toulouse : Pourquoi les médecins du CHU valident le couvre-feu

EPIDEMIE Avec 117 patients Covid hospitalisés, le CHU de Toulouse parvient à faire face à la deuxième vague. Les médecins, qui craignent un vrai pic dans deux semaines, accueillent avec satisfaction le couvre-feu

Julie Rimbert

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Dans le service réanimation de l'hôpital Purpan.
Dans le service réanimation de l'hôpital Purpan. — F. Scheiber - Sipa
  • Le nombre de patients Covid augmente mais le CHU de Toulouse tient bon en répartissant les malades dans différents services afin de ne pas saturer la réanimation.
  • L’hôpital public organise ses flux de malades pour continuer à accueillir les autres patients souffrant de pathologies hors Covid.
  • Craignant une hausse des patients Covid, les médecins soutiennent les mesures gouvernementales dans la Ville rose, comme le couvre-feu.

« Nous sommes sur des courbes en marche d’escalier, avec aucune entrée de patients Covid pendant quatre à cinq jours puis l’arrivée de quelques-uns, comme ce vendredi où trois sont entrés en réanimation », souligne Béatrice Riu, chef du service réanimation à l’hôpital Purpan de Toulouse.

Ce vendredi, 117 personnes positives au Covid-19 sont hospitalisées au CHU de Toulouse, dont 20 en réanimation et 18 en soins intensifs. Les 80 autres patients sont en hospitalisation traditionnelle.

Un couvre-feu fondamental

« Pour l’instant, nos services ne sont pas saturés mais nous nous attendons à une augmentation de la pression dans les quinze prochains jours, même si le turn-over des patients est plus rapide qu’en mars où ils restaient environ 3 semaines, contrairement à aujourd’hui où la prise en charge dure en moyenne six à dix jours », analyse Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses.

Grâce au plan « Hôpital en tension », le CHU a réussi à baisser la pression sur les urgences, l’enjeu étant de continuer, en plus de l’épidémie du coronavirus, d’accueillir encore les patients souffrants d’autres pathologies. « Les établissements de santé ne peuvent pas se retrouver en situation de saturation donc il est fondamental que les mesures gouvernementales aient été prises pour résorber cette pression sur le système de santé, appuie Marc Penaud, le directeur du CHU. Il faut que ces mesures comme le couvre-feu permettent une réduction sous quinze jours ».

Pas d’annulation de congés pour l’instant

Pour absorber la deuxième vague, le CHU a déprogrammé moins de 20 % des opérations et espère ne pas atteindre 30 % des capacités des services de réanimation et de soins intensifs afin de conserver ces chiffres. En tension mais pas encore saturé, l’hôpital n’envisage pas à ce stade de toucher aux congés prévus des soignants. « L’idée, c’est que les soignants aient des temps de pause pour souffler et tenir dans la durée, détaille Marc Penaud. Si nous entrions dans une phase catastrophique, peut-être serions-nous amenés à moduler cette règle de façon limitée ».

Entre janvier et septembre, le CHU de Toulouse a recruté 1.500 personnes, dont 666 soignants, contre 1.342 sur la même période l’an dernier. Des secteurs comme les laboratoires et les infirmières en bloc opératoire ont été ciblés pour faire face à l’actuelle tension hospitalière. Un job-dating virtuel a lieu en ce moment pour recruter encore du personnel compétent.