Coronavirus à Toulouse : Comment aider les étudiants en « détresse numérique » ?

SOCIETE Avec la généralisation des cours en distanciel, les inégalités se creusent encore dans la population étudiante. Les mini-forfaits pas chers ou certains réseaux ne sont pas assez costauds

Hélène Ménal

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Dans une chambre universitaire de Toulouse. Illustration.
Dans une chambre universitaire de Toulouse. Illustration. — F. Scheiber - Sipa
  • Forfaits « mangés » en un cours magistral, connexions fragiles… la nouvelle phase de l’épidémie révèle la fragilité numérique de certains étudiants.
  • A Toulouse et en Occitanie, la région a décidé de distribuer des ordinateurs mais aussi des clés 4G.
  • Mais les besoins des étudiants dans ce « monde d’après » ne sont pas que matériels.

« La détresse numérique ». Voilà le nouvel avatar qui guette, à Toulouse comme ailleurs, les étudiants de la génération Covid après l’isolement du confinement et la stigmatisation à l’heure du rebond épidémique. Avec les nouvelles restrictions et le développement des cours en distanciel, puis maintenant le couvre-feu qui tue dans l’œuf par exemple les nouveaux horaires décalés des bibliothèques universitaires, la problématique de l’équipement numérique prend encore plus de poids.

« Les conditions d’enseignement liées à la crise sanitaire ont laissé apparaître une précarité importante et une détresse psychologique », assure Nadia Pellefigue (PS), vice-présidente de la région Occitanie, qui a annoncé ce jeudi des mesures concrètes pour tenter de combler cette nouvelle fracture. Pendant le confinement, la collectivité avait déjà acheté et distribué en urgence, via les établissements, 1.500 ordinateurs ou tablettes. Elle vient d’en commander 3.500 de plus, destinés « en priorité aux étudiants boursiers ».

Une soif d’innovation pédagogique aussi

Mais le support n’est pas tout. « Il ne suffit d’avoir un ordinateur, souligne Océane Ranjeva, la présidente de l’association générale étudiante de Midi-Pyrénées (AGEMP). Il y a des résidences universitaires où le réseau explose, des étudiants qui "mangent" toutes leurs données mobiles pour un simple cours magistral de 4 heures ». Le message est passé puisque la région décide aussi de distribuer 2.000 clés 4G « pour les étudiants qui ont un petit forfait, limité en data ». Quant aux étudiants qui ont rejoint leurs familles en « zones blanches », encore nombreuses en Occitanie, la mise à disposition de « tiers lieux » connectés est envisagée.

Selon Philippe Raimbault, le président de l’université fédérale de Toulouse, les établissements de la Ville rose « respectent les jauges et consignes sanitaires » et ont pu opérer une transition relativement rapide vers le distanciel, notamment grâce à l’expérience du confinement. Mais Océane Ranjeva, et la fédération d’associations étudiantes qu’elle représente, restent encore réservées sur les contenus. « Un étudiant est un jeune adulte. S’il suit seul chez lui des cours magistraux, il peut rapidement faire autre chose ou décrocher », estime la responsable étudiante. « Il y a encore un gros travail à faire sur l’interactivité et l’innovation pédagogique », prévient-elle.