Couvre-feu à Toulouse : Spectacles en journée ou annulés, le nouveau coup de bambou pour les lieux culturels

CULTURE Alors que le couvre-feu entre en vigueur vendredi soir, les responsables du monde culturel sont confrontés au casse-tête de la reprogrammation des spectacles joués le soir

Béatrice Colin

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Illustration d'un concert à Toulouse
Illustration d'un concert à Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • A compter de vendredi soir minuit, la Ville rose est soumise à un couvre-feu.
  • Tous les spectacles qui devaient se jouer en soirée au cours des quatre prochaines semaines vont devoir être reprogrammés en journée, reportés ou annulés.
  • Un casse-tête pour les organisateurs et lieux culturels déjà confrontés à des problèmes de jauge et de programmations.

Les salles de spectacle n’étaient déjà pas au mieux de leur forme à Toulouse. L’annonce mercredi d’un couvre-feu à compter de vendredi minuit a fait l’effet d’une nouvelle douche froide pour les acteurs du monde culturel de la Ville rose. Si certains lieux ont fermé purement et simplement leurs portes il y a plusieurs semaines, comme le Bikini ou le Connexion, d’autres ont poursuivi leur activité.

Tous avec des jauges plus réduites pour faire respecter le maximum de 1.000 personnes ou encore les mesures de distanciation sociale. Ce jeudi, la question était surtout celle de savoir comment s’organiser pour les spectacles programmés à 21 h. Au Théatre du Grand Rond, où des pièces sont jouées en soirées du mardi au samedi, les responsables sont en train de faire la tournée des compagnies.

Spectacles avancés

« On essaie de tout réorganiser, en reprogrammant à 19 h le spectacle de 21 h. Nous allons du coup avancer les apéros spectacles de 19 h à 17 h et voir si le public est au rendez-vous. La difficulté, c’est que tout est fait au dernier moment, sans concertation et que nous avons 48 heures pour nous organiser », déplore Sophie Sciabica, responsable communication du Théâtre de la rue des Potiers.

Non loin de là, au Théâtre de la Cité aussi on s’active pour trouver une solution pour les spectacles du mois de novembre. Tout comme au Théâtre du Capitole où l’objectif affiché est de maintenir les concerts, mais aussi la sortie du ballet Toulouse-Lautrec, une production mondiale de Kader Belarbi prévue du 4 au 8 novembre.

Le festival Toulouse les Orgues, qui s’achève dimanche, passe entre les gouttes. A un concert près, celui de clôture du samedi soir. Avec le couvre-feu, « la Nuit de l’orgue » prévu initialement à 20 h 30 est avancée à 18 h 30 à la Basilique Saint-Sernin. Et pas question de déborder, le concert durera 1 h 15 afin que chacun ait le temps de rentrer chez soi.

« Nous sommes très pessimistes »

Côté salle de spectacles, les annulations étaient déjà très nombreuses. Aucun concert ne s’est joué au Zénith depuis des semaines. Quelques artistes étaient encore programmés ces prochains jours dans des salles plus petites. C’est le cas de Maxime Gasteuil au Casino Barrière ou encore de Tom Villa à la Comédie de Toulouse. Les stand-up des humoristes n’ont pas été annulés, mais décalés.

« Les artistes et les producteurs étaient d’accord. Pour Maxime Gasteuil dont le spectacle était complet, on avait déjà dédoublé la date pour des questions de jauge. Normalement, cela devait avoir lieu le 27 octobre, c’est décalé au dimanche 1er novembre à 15 h et 18 h. Pour Tom Villa, le samedi 7 novembre, c’est maintenu le même jour, mais à 17 h et 19 h », détaille Didier Chouchane, d’Euterpe promotion.

Pour cette société d’organisations de spectacle, cette nouvelle mesure de restriction est une énième catastrophe dans une période déjà très compliquée. « Nous sommes très pessimistes, on se dit qu’on part sur une année blanche. Depuis mars on n’avait pas joué, ce sont les deux seules dates qui sont maintenues alors qu’habituellement nous en avons entre 60 et 70 par an. Même si ça reprend, les ventes ne sont pas au rendez-vous, les gens attendent souvent le dernier moment pour prendre leur billet or si le spectacle n’est pas rempli, il risque d’être déprogrammé », relève Didier Chouchane.

Un véritable casse-tête pour cet acteur du monde du spectacle qui peine en parallèle à trouver des dates de libre pour tout reprogrammer l’an prochain. « On aurait pu faire les spectacles en respectant les règles, on est en capacité de s’adapter mais on ne nous en donne pas la possibilité », conclut-il.