L'Arsenal a atteint l'âge de gestion

Béatrice Colin

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A la fin du mois, les enseignants de l'Arsenal seront payés directement par l'université et non plus par l'Etat. Ce sera le premier signe visible de l'application de la loi LRU (Liberté et responsabilité des universités). Aux côtés de dix-neuf autres facultés françaises, l'UT1 est autonome depuis le 1er janvier et doit désormais gérer un budget de 80 millions d'euros, contre 25 millions auparavant.

« Grâce à l'autonomie, je vais désormais avoir une marge de manoeuvre pour recruter les meilleurs étudiants chercheurs dans des domaines d'excellence comme l'économie, le droit ou la gestion. Aujourd'hui, lorsque nous formons de très bons étudiants, ils partent souvent à Barcelone ou Londres, car ces universités leur proposent le double de salaire. Nous allons pouvoir les payer plus et les étudiants qui viendront chez nous auront les meilleurs enseignants d'Europe », se félicite Bruno Sire, président de l'UT1, qui veut faire de l'Arsenal une université de référence en Europe. « Ces crédits vont partir, entre autres, dans des colloques censés faire rayonner l'université, mais ne serviront en rien la qualité des études », déplore de son côté Ludivine Labbé, présidente toulousaine de l'Unef.

Pour la représentante du syndicat étudiant, cela va aussi créer « une concurrence entre les formations : il y aura les filières financées et celles qui ne le seront pas », poursuit-elle. Ainsi, l'attribution de 20 % du budget de fonctionnement en fonction de l'insertion professionnelle des étudiants et des publications des enseignants ne la rassure pas. Car selon les études, la recherche d'emploi est plus ou moins difficile. Mais pour Bruno Sire, « il est normal de dire au public qui paie des impôts que l'on utilise bien son argent. Sur un budget de 80 millions d'euros cela ne représente que deux millions », explique le responsable de l'université, dont 67 % des diplômés d'un master en 2006 étaient titulaires d'un emploi un an et demi plus tard et seulement 7 % au chômage. ■