A la recherche d'un toit durable

Amandine Rancoule

— 

Elle est venue leur apporter son soutien. La député (PS) Catherine Lemorton s'est rendue hier place Anatole-France, où les militants du DAL (Droit au logement) ont investi un immeuble inoccupé depuis six ans. Autour d'elle, des associatifs et quelques-unes des douze familles hébergées l'interpellent sur la loi qui permet au préfet de réquisitionner des habitations vides. « Je m'engage à poser une question sur la réquisition » à l'Assemblée, leur a-t-elle assuré.

Peut-être un espoir pour Josiane, 39 ans, dont vingt dans la rue. Après des années à dormir sous une tente près de la gare Matabiau, elle a pris ses quartiers dans un petit appartement de l'immeuble : un lit, une table, un frigo et « surtout un toit ». Aujourd'hui, elle veut être « loger durablement », car elle en a « ras-le-bol ». « On peut rester jusqu'à la fin de la trêve hivernale », précise Benoît du DAL. A ses côtés, Audrey, 19 ans, à la rue depuis cinq mois, milite dans l'association La hutte ô piafs qui loge seize personnes dans une autre aile du bâtiment. « On demande que la mairie préempte. On propose aussi le système du louer solidaire », explique-t-elle. Le principe : les pouvoirs publics louent des appartements au privé, qui sont ensuite sous-loués à un prix raisonnable. Rien n'est fait, mais pour Josiane, « il faut y croire, sinon se battre ne sert à rien ». ■