Coronavirus à Toulouse : « On ne mourra pas sans se battre » clament les restaurateurs toulousains

COLERE Une délégation a rendez-vous demain en préfecture

Béatrice Colin

— 

Un restaurant fermé durant la période de confinement, ici à Paris.
Un restaurant fermé durant la période de confinement, ici à Paris. — Jacques Witt/SIPA
  • Réunis ce lundi en assemblée générale, les gérants des bars et restaurants toulousains sont abattus.
  • Ils ne comprennent pas les nouvelles restrictions qui touchent leur secteur d’activité.

La colère pointe à chaque bout de phrase. Les gérants de restaurants et bars toulousains s’étaient donné rendez-vous ce lundi après-midi à l’appel du principal syndicat professionnel du secteur, l'UMIH de Haute-Garonne. Près de 250 d’entre eux avaient fait le déplacement pour dénoncer les conditions de restriction qu’ils doivent appliquer à compter de ce lundi soir.

Si les restaurants peuvent rester ouverts sous conditions, les bars eux doivent tirer leur rideau à 22 h dernier carat. De quoi échauffer les esprits, sans pour autant qu’une décision soit prise de manifester sous les fenêtres de la préfecture comme à Marseille. « Nous ne sommes pas encore dans leur situation, mais la fermeture n’est pas loin. Pour beaucoup, si cela arrive, la manifestation est actée comme possible, mais aussi des actions en justice avec des référés-liberté », pose Philippe Belot vice-président de l’Umih 31.

Une délégation doit être reçue ce mardi par le préfet de la Haute-Garonne. Mais en attendant, certains annoncent déjà qu’ils resteront ouverts après 22 h, comme ce gérant de plusieurs établissements de l’agglomération toulousaine. « Nous ne pouvons pas appeler à la désobéissance civile, mais il est vrai que pas mal d’adhérents sont dans le refus d’obtempérer à ces décisions injustes », pondère Ivo Danaf, le président de l’Umih 31.

Sentiment d’injustice

« On ne mourra pas sans se battre, moi je ne mourrai pas sans me battre. Le télétravail m’a tué, je suis dans une zone où nous sommes passés de 160 couverts à un peu moins de 60. Sauf que nos clients sont plus en sécurité chez nous que dans les bus et tramways », assure Hubert de Faletans, gérant de l’Esprit du Sud-Ouest à Blagnac.

Un leitmotiv pour Philippe Belot qui se demande « pourquoi les centres commerciaux eux sont ouverts et pas nous ». « On ne comprend pas ces mesures ciblées et agressives, il n’y a eu aucun cluster dans nos établissements. S’il n’y a pas assez de lits dans les hôpitaux, s’il n’y avait pas il y a quelques semaines assez de masques, et si le système de santé est désorganisé depuis toutes ces années, ce n’est pas notre faute. Il va y avoir plus de licenciements dans notre secteur à Toulouse qu’à Airbus, et on n’aura pas les mêmes aides », conclut le vice-président de l’Umih.