Deux fois plus nombreux contre les inégalités

Béatrice Colin

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Au travail, à l'embauche ou encore lors de la recherche d'un logement, les formes de discrimination dans Toulouse et son agglomération sont nombreuses. « Lors de mes premières permanences, j'ai reçu deux personnes victimes de discrimination en raison de leurs origines. L'une l'était par sa direction, l'autre subissait le harcèlement de ses collègues », raconte Gérard Nègre, deuxième correspondant de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) qui vient de prendre ses fonctions. Installé depuis septembre, Pascal Godon, son premier représentant, était submergé par les demandes. « Pour avoir un rendez-vous, il faut s'y prendre deux ou trois semaines à l'avance », confirme-t-il.

« En quatre mois d'activités, j'ai reçu quarante personnes qui faisaient l'objet de discrimination ou harcèlement. Le critère le plus fréquent reste celui de l'origine, puis ceux de la maladie ou encore du handicap. Il y a l'âge aussi, beaucoup de personnes viennent me voir pour me dire qu'à partir de 55 ans ils sont mis au placard », poursuit ce bénévole, qui essaie toujours de résoudre d'abord le problème à l'amiable. Certaines demandent sont parfois plus originales. Les délégués du personnel d'une entreprise sont ainsi venus le voir pour se plaindre d'une discrimination au pacs. Contrairement aux salariés mariés, on refusait aux pacsés leurs congés de naissance ou de décès. « Je leur dis simplement de signaler à leur direction qu'ils sont venus me voir. Souvent, brandir le simple spectre de la Halde est suffisant. Les réclamants ne demandent pas à aller au tribunal, quelques rares dossiers vont chez le procureur, mais à 90 % cela se passe à l'amiable », note Pascal Godon. Leur intervention peut même aller plus loin : « Un jour, une personne est venue me voir pour me signaler qu'en matière d'aides à domicile, tout le monde pouvait bénéficier du crédit d'impôt, sauf les retraités. Nous allons faire une recommandation pour faire modifier la loi », conclut le représentant. ■