les nouveaux habitants amènent de l'argent

Hélène Ménal

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En matière de démographie, l'agglomération toulousaine ne connaît pas la crise. Et pour certaines communes, les chiffres officiels de population que vient de dévoiler l'Insee vont se transformer en espèces sonnantes et trébuchantes. C'est en effet sur la base de ces données officielles, arrêtées au 1er janvier 2006, que seront calculées dès 2009 les dotations globales de fonctionnement (DGF) versées aux communes par l'Etat. Pour la Ville rose, officiellement créditée de 444 392 habitants contre 398 000 au recensement de 1999, la DGF va augmenter « d'environ 5 millions d'euros en 2009 à règle du jeu constante ».

Même causes, mêmes effets pour la Communauté urbaine du Grand Toulouse (formée de 25 communes) qui, à raison de 60 euros par habitant supplémentaire, devrait récupérer environ 2,5 millions d'euros dans l'opération. Mais Joël Carreiras (PS), l'adjoint aux Finances de Toulouse et vice-président de la CUGT, ne saute pas pour autant au plafond. « En novembre, un amendement a abaissé la dotation par habitant des nouvelles communautés urbaines comme Toulouse et Nice. Nous perdons plus de 17 millions par an par rapport à nos prévisions initiales », tempère-t-il.

Parmi les petites communes, Saint-Lys connaît une véritable explosion démographique. De 5512 âmes en 1999, le bourg du Sud-Ouest toulousain en accueille maintenant officiellement 7 840. « Cela se traduit par une augmentation annuelle de la DGF d'environ 70 000 euros, soit l'équivalent d'un point de fiscalité ce qui en ces temps de crise n'est pas négligeable pour la population », commente Catherine Guth (PS), adjointe à l'Urbanisme dans la nouvelle équipe municipale. Mais, l'élue estime aussi que l'essor démographique est contrebalancé par « un déficit d'équipements » à rattraper.

Enfin, l'Insee fixe à 32 438 habitants la population de Colomiers. Alors que le recensement complémentaire financé en octobre 2006 par la mairie, et temporairement validé par l'institut de statistiques, en avait trouvé 35 127. Or, il existe un seuil de DGF à 35 000 résidants. Une manne sur laquelle la deuxième ville du département doit mettre son mouchoir. ■