« On veut distiller un climat de haine »

Béatrice Colin

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L'attaque à la voiture bélier de la synagogue de Bagatelle, dans la soirée de lundi, a été unanimement condamnée hier. Pour son rabbin, Jonathan Guez, présent au sein du lieu de culte lors de l'incident, « il n'y a aucun amalgame à faire entre ce qui se passe ici et la situation à Gaza ». C'est aussi le sentiment de Nicole Yardeni, la présidente du Conseil représentatif des institutions juives de Toulouse-Midi-Pyrénées. « Je suis triste, choquée, mais pas très étonnée. Nous avons évité à Toulouse de répondre aux manifestations du week-end dernier pour éviter tout enclenchement d'un cycle de violences et d'importation du conflit. Nous préférons faire appel à la réflexion », insiste-t-elle devant le portail fermé du lieu de culte.

Un fidèle du quartier s'interroge : « Quel intérêt y a-t-il à faire ça ? Cela fait une trentaine d'années que la synagogue est installée dans le quartier et il n'y a jamais eu de problème, on essaie de vivre en bon voisinage », s'emporte-t-il avant d'ajouter : « On veut distiller un climat de haine, je suis persuadé que c'est téléguidé par l'extérieur. » Un avis loin d'être partagé par les autorités locales. « Il n'y a aucune revendication et le mode opératoire me donne plus le sentiment d'un acte isolé que celui d'une organisation », estime pour sa part le préfet, Dominique Bur. En attendant les résultats de l'enquête confiée à la PJ, la communauté juive est appelée à se rassembler demain soir à la synagogue. ■