Toulouse : Bon alors, c’est quoi cette nouvelle tarification sur les parkings du métro ?

TRANSPORTS Dans la torpeur de l’été, des caisses sont apparues sur les parkings-relais du métro toulousain. Ce nouveau système est destiné à lutter contre les voitures ventouses, mais il soulève aussi des interrogations chez les usagers

Hélène Ménal

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Les barrières baissées du parking relais du terminus de la ligne B à Ramonville.
Les barrières baissées du parking relais du terminus de la ligne B à Ramonville. — H. Menal - 20 Minutes
  • Depuis la rentrée, les parcs-relais du métro sont devenus des parkings classiques où l’on peut se garer sans prendre les transports en commun, moyennant finance.
  • Cela permet à Tisséo de rentabiliser les heures creuses et de chasser les voitures ventouses.
  • Pour l’usager classique, rien ne change… sauf cas particulier.

Mardi matin sur le parking-relais (P + R dans le jargon) du terminus du métro à Ramonville. Un homme s’escrime devant la caisse automatique flambant neuve, il tente sans succès de « scanner » un vieux ticket « 10 déplacements » racorni. Cet Audois ne vient qu’occasionnellement à Toulouse. Il n’a pas de carte Pastel. Et confronté au nouveau système d’accès mis en place en plein cœur de l’été, il s’avoue « un peu perdu ». Il a dû prendre un ticket de parking à la barrière, comme sur un parc de stationnement classique. Mais s’il honore son rendez-vous toulousain en métro et glisse son ticket validé à la borne en ressortant, il ne paiera pas son stationnement.

Pour les usagers « normaux » qui utilisent parcs-relais pour ce pour quoi ils ont été conçus, le nouveau système ne change donc rien, si ce n’est qu’il rajoute quelques manipulations.

Il y a désormais des caisses sur les parkings relais du métro de Toulouse.
Il y a désormais des caisses sur les parkings relais du métro de Toulouse. - H. Menal - 20 Minutes

C’en est fini en revanche des « voitures ventouses », celles par exemple des étudiants venus d’autres coins de la région et qui se garaient toute la semaine pour le prix d’un ticket de métro. « Et je rappelle que le parking des Arènes servait de parking gratuit de l’aéroport puisque les gens y laissaient leur voiture pour les vacances avant de prendre le tram », argumente Jean-Michel Lattes, le président de Tisséo. « Je n’ai aucun regret, ajoute-t-il, on a gagné 2.000 places et constaté que la disponibilité est désormais exponentielle. »

Un système plus difficile à gruger

Et maintenant, impossible de gruger en allant composter un ticket sans se déplacer. On l’a testé, le système détecte qu’il n’y a pas eu d’aller-retour dans les 24 heures et applique un tarif « plein pot » : 2 euros de l’heure ou encore 25 euros la journée et 150 euros la semaine, dans la gamme de ceux pratiqués par les concessionnaires du centre-ville.

Et c’est là l’autre grand changement : les parcs Tisséo* ont été transformés en parkings classiques. On peut s’y garer sans prendre les transports en commun du moment qu’on paye. « Comme il y a davantage de places libres, ça ne pose pas de problème, souligne Jean-Michel Lattes. Et j’assume aussi le tarif car nous ne cherchons pas à récupérer de la clientèle mais à donner une facilité ». Et aussi à rationaliser le fonctionnement de ces parkings certes trop pleins la journée mais parfois désespérément vides la nuit ou le week-end. D’où la formule « bon plan » : un abonnement à 40 euros par mois, sans engagement, qui permet de se garer la nuit (de 18 h à 8 h) et le week-end.

C’est un pli à prendre mais le nouveau système n’a pas manqué depuis la rentrée de soulever les interrogations de twittos usagers qui en cherchent les failles. Une voyageuse aimerait pouvoir faire ses courses dans le centre commercial du terminus de Balma après son aller-retour « boulot métro » et sans que cet intermède se transforme en stationnement payant. Un noctambule, qui prévoit d’être distrait, demande, lui, quel est le tarif quand on rate le dernier métro. Réponse : s’il veut reprendre sa voiture tout de suite sans avoir composté, il paie à l’heure pour le temps passé. « Ou il recomposte dans les 24 heures sur le réseau et il bénéficie de la gratuité comme tous les usagers », explique Thierry Wischnewski, le directeur général de Tisséo Voyageurs.

* Sauf celui de Basso-Cambo pour l’instant