Incendie d'une synagogue: La piste de l'acte isolé privilégiée

TOULOUSE Personne n'a été blessé et pas de revendications pour l'instant...

P.B. avec agence

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Une voiture a été incendiée après avoir été lancée contre la grille d'une synagogue d'un quartier périphérique de Toulouse. «Personne n'a été blessé dans l'incendie qui n'a pas été revendiqué», selon la préfecture de la Haute-Garonne. Vers 21h40, «une voiture a été projetée sur la grille de la synagogue de la partie résidentielle» d’un quartier sensible en banlieue toulousaine, détaille la préfecture. Qui précise qu'un cocktail Molotov a été lancé sur le véhicule.

 

Un rabbin de la communauté juive de Toulouse donnait un enseignement à des adultes à l'intérieur bu bâtiment, équipé d'un système de vidéosurveillance, quand l'incident s'est produit.

 

Un second véhicule découvert avec trois cocktails Molotov à l'intérieur

Ce sont des voisins du lieu de culte qui ont donné l'alerte, selon la directrice de cabinet de la préfecture, Anne-Gaëlle Baudouin-Clerc, qui a ajouté qu'un «second véhicule a été découvert non loin avec à l'intérieur trois cocktails Molotov» non utilisés. Une des premières hypothèses des enquêteurs semble conclure que «les auteurs ont été dérangés vraisemblablement par une alarme», a-t-elle poursuivi.

 

Le préfet de Région Midi-Pyrénées, Dominique Bur, a privilégié mardi la thèse de l'«acte isolé» plutôt qu'organisé d'après les premiers éléments de l'enquête. Dominique Bur, qui a dit «tenir compte et comprendre» les préoccupations de la communauté juive dans «un contexte plus général et international», a indiqué avoir examiné avec ses représentants des mesures de sécurité renforcées.

Ces mesures ont été activées dès lundi soir, après les faits, et feront l'objet de dispositions «dans la durée». «Nous nous sommes mis d'accord pour qu'un certain nombre de précautions soient prises autour des lieux de culte et des établissements scolaires», a-t-il déclaré. Un dispositif assez classique de surveillance de ces lieux, dont le préfet n'a pas communiqué les détails, sera mis en place «tant en zone police qu'en zone de gendarmerie». Selon le préfet, une trentaine de sites (lieux de culte ou d'enseignement et des commerces) sont compris dans un dispositif de surveillance pour lesquels les responsables sont appelés à des mesures de précaution dites «passives». Ce dispositif sera «bien évidemment modulé», a insisté le préfet de Région ajoutant que les lieux de culte musulmans étaient pour leur part compris dans le plan Vigipirate «très élevé». «Les mosquées ne sont pas en dehors de notre champ d'action», a-t-il conclu.

 
Lié au conflit à Gaza?

Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), le Consistoire Central de France et SOS Racisme ont immédiatement condamné l'«agression antisémite» contre la synagogue. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a dénoncé mardi cet événement, le qualifiant d'«acte débile et révoltant». La ministre a souhaité sur RMC-Info que soient retrouvés «rapidement» les «auteurs de cet acte débile et révoltant (qu'elle) condamne très fortement». Interrogée sur les liens éventuels entre cet acte et la situation au Proche-Orient, Michèle Alliot Marie est demeurée prudente. «C'est très difficile de le dire aujourd'hui», a-t-elle répondu : «la police technique et scientifique est à cette heure en train de relever tous les indices».

 

Pour sa part, le Consistoire Central de France condamne «l'accumulation d'actes de violences commis contre des synagogues en France et appelle à la réaction des pouvoirs public». De son côté, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a fait par de «son indignation» et de «son inquiétude». Le président du mouvement estime qu'il «est fort probable que cet acte criminel soit lié à la situation en cours dans la bande de Gaza» et souligne que «celles et ceux qui voudraient jouer le jeu de l’importation du conflit du Proche-Orient sur notre territoire ne le font certainement pas pour aider ni les Israéliens, ni les Palestiniens».

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