Haute-Garonne : Comment vous pouvez ressusciter de vieilles cartes postales (et photographier le temps qui passe)

INSOLITE Avant, après. Les archives départementales de la Haute-Garonne proposent aux habitants de reproduire, avec exactement le même cadrage, de célèbres cartes postales souvent centenaires

Hélène Ménal

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Un photographe amateur. Illustration.
Un photographe amateur. Illustration. — Alexsander-777 - PixaBay
  • L’opération « Re-photographions la Haute-Garonne » propose aux photographes amateurs de reproduire de vieilles cartes postales.
  • Les originaux sont issus du fonds des Frères Labouche, célèbres éditeurs de la place du Capitole.
  • Vous avez jusqu’au 6 novembre pour relever le défi.

Vous faites quoi ce week-end, et les suivants ? Parce que si vous aimez vous balader et découvrir de nouveaux paysages, les archives départementales de la Haute-Garonne ont un défi​ pour vous : reproduire, avec le même le même cadrage, de vieilles cartes postales, souvent centenaires.

Les photographies en question sont celles du fonds Labouche. « La famille Labouche, des éditeurs et imprimeurs, a fondé son entreprise au milieu du XIXe siècle au 10, place du Capitole dont elle occupait les trois niveaux. Les fils Eugène et Lucien, en prise avec leur temps et avec les aspirations aux loisirs de la société, ont donné tout leur lustre à la carte postale », raconte Anne Goulet, la directrice des archives départementales.

Ils ont fait appel aux meilleurs photographes. Mais malgré tout leur talent, l’entreprise, rachetée, a périclité en 1966, bien avant le SMS. Et en 1993, les archives ont pu racheter son fonds, plus de 50.000 documents d’époque L’opération participative « Re-photographions la Haute-Garonne », qui en est à sa troisième et dernière édition, propose de les faire revivre.

La gare de Boussens de nos jours.
La gare de Boussens de nos jours. - Rouch
La gare de Boussens comme vous ne la verrez jamais plus.
La gare de Boussens comme vous ne la verrez jamais plus. - Fonds Labouche

Une carte interactive* permet de sélectionner sa « cible » et de s’atteler à la tâche. Quitte à voir apparaître un château d’eau au beau milieu du passage, ou à attendre que l’interminable file de voitures évacue le cadre. « On s’aperçoit aussi que parfois la végétation a poussé, que les perspectives ont changé », remarque Anne Goulet.

Gare et rues bondées

Dans le vivier des 1.000 photographies « modernes » déjà recueillies, elle a une tendresse particulière pour celle de l’ado qui a pris la peine de photographier son TER en gare de Boussens, beaucoup moins fréquentée maintenant. « Dans de nombreux villages, on s’aperçoit que les rues grouillaient de monde sur l’original, dit la spécialiste. Mais il ne faut pas tomber pour autant dans le "c’était mieux avant". A l’époque, on faisait sortir les gens pour la photo et on n’ose pas imaginer ce que donnaient ces rues en terre battue par temps de pluie ». Curieusement, d’autres endroits ou places de villages sont restés figés dans le temps.

Avant ? Après ? La nostalgie va-t-elle vous rattraper ? Le mieux, c’est de saisir votre smartphone. Vous avez jusqu’au 6 novembre pour photographier le temps qui a passé.

* Sur www.haute-garonne.fr/, rubrique actualité