Coronavirus à Toulouse : On a suivi les conciliants « ambassadeurs sanitaires » dans le métro

PREVENTION A la veille de la rentrée, de jeunes « ambassadeurs sanitaires » sont chargés de rassurer les usagers dans les transports en commun de Toulouse. Avec le sourire et sans leçon de morale

Hélène Menal
Sacha, ambassadeur sanitaire dans le métro de Toulouse.
Sacha, ambassadeur sanitaire dans le métro de Toulouse. — H. Menal - 20 Minutes
  • A Toulouse, pour rassurer les usagers des transports en commun, des ambassadeurs sanitaires ont été déployés sur le réseau.
  • Ils distribuent beaucoup de doses de gel et quelques masques, sont serviables et pas moralistes.
  • Le réseau Tisséo enregistre en cette fin d’été une baisse de fréquentation de 18 % par rapport à l’an dernier.

« Merci », « merci », « ah la bonne idée ! ». Dans deux semaines, Sacha, 23 ans, redeviendra étudiant en droit. Mais pour l’instant, il dorlote discrètement les usagers des transports de Toulouse en leur glissant dans les mains du gel hydroalcoolique en unidose. « Tenez, c’est mieux pour prendre le métro ». Coronavirus oblige, le job d’été que le jeune homme s’est dégoté est assez inédit : « ambassadeur sanitaire » pour Tisséo.

Ils sont une dizaine de jeunes à tourner sur le réseau depuis mardi, prenant le bus et les rames avec leurs chasubles blanches et leurs sacs de toile bourrés de gel et de quelques masques.

Les bus résistent, le tram trinque

Sacha est chargé du « QG » de Jean-Jaurès, intersection stratégique des deux lignes de métro, là où habituellement 500.000 usagers sont censés se croiser tous les jours. Bon là, ils sont un peu moins nombreux à risquer la promiscuité.


Mais les chiffres de fréquentation sont meilleurs que redouté par Tisséo. En cette fin de mois d’août, ils ne sont en baisse globale que de 18 % par rapport à l’an dernier (-30 % dans le tram qui dessert notamment l’aéroport, -18 % dans le métro, -10 % dans les bus). Et le rôle de Sasha et de son équipe est de consolider cette embellie. « L’objectif est de rassurer les usagers, de calmer une anxiété encore perceptible, pour qu’ils continuent à utiliser les transports en commun », glisse Richard Gabry, le responsable de la relation clientèle.

Des voyageurs parfois en mode complot

Avec pour consigne, la bienveillance. Les ambassadeurs ne mettent pas d’amende, ils laissent la répression aux contrôleurs. « Je ne suis pas là pour faire la morale », insiste Sacha. Et quand il glisse un masque en papier à un jeune qui descend d’une rame sans en porter, il se contente effectivement d’un « merci » murmuré et s’abstient de tout commentaire. Il garde le sourire aussi quand des voyageurs, « souvent âgés », lui expliquent, en mode complotiste, qu’il « ne faut pas faire confiance à l’Etat qui impose le port du masque parce qu’il a des stocks à écouler ».

En trois jours, l’étudiant a peaufiné sa stratégie. « Je n’attends plus les gens au pied des escalators quand ils sont pressés, ils avaient l’impression que j’allais leur vendre quelque chose ». Il préfère désormais leur parler et les ravitailler en gel tranquillement sur les quais ou derrière son guichet d’information. A ceux qui s’en inquiètent, il répond évidemment « que les rames sont très souvent désinfectées ». Il est aussi chargé de veiller au rechargement des distributeurs de gel. Et de guider éventuellement les usagers vers ces bornes, présentes dans toutes les stations, mais souvent placées dans des coins plutôt discrets.