Des règlements de comptes dans les transports en commun

Hélène Ménal - ©2008 20 minutes

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Il donnera le ton du mandat. Le premier budget entièrement concocté par l'équipe de Pierre Cohen (PS) sera voté ce matin au Capitole. D'un montant global d'environ 800 millions d'euros, il fait la part belle aux transports, aux rénovations d'écoles et au développement durable. Il prévoit aussi l'accélération des constructions du Grand projet de ville, un fonds pour aider les étudiants à payer leurs cautions et un autre pour inciter les propriétaires à retaper les logements vacants afin de les remettre sur le marché locatif. Un emprunt de 32 millions d'euros y est également inscrit, rompant avec « le dogme de la dette zéro » qui prévalait depuis plus de dix ans. La nouvelle majorité est d'autant plus à l'aise sur la question qu'elle souligne que si la ville n'est pas endettée, les Toulousains le sont, eux, à hauteur de « 1 933 eur » chacun, à travers le Grand Toulouse et surtout Tisséo.

L'autorité organisatrice des transports en commun a 1,3 milliard d'emprunts sur le dos. Et à l'heure des arbitrages budgétaires, ce fardeau fait polémique. Accusé par l'équipe Cohen d'avoir creusé ce « gouffre financier », Jean-Luc Moudenc (UMP), ex-maire et ex-président de Tisséo, a souhaité hier « rétablir la vérité ». « Les différents emprunts contractés par Tisséo l'ont été à 52 % sous la présidence socialiste et à 48 % sous la mienne. Et tous ont été votés à l'unanimité par toutes les familles politiques », a-t-il expliqué, documents et délibérations à l'appui. L'ex-édile parle d'une « stratégie financière collective » que Pierre Cohen ne « pouvait pas ignorer » pendant la campagne. « Mais il est aujourd'hui victime de ses promesses de campagne fallacieuses, comme la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, et dans l'incapacité de les tenir », conclut Jean-Luc Moudenc.

De quoi alimenter largement la guerre des chiffres dont le Capitole va être le théâtre ce matin.