Toulouse : Le casse-tête des universités pour faire face à l’afflux de nouveaux bacheliers

SUPERIEUR Contraintes par leurs locaux et les moyens humains, les universités toulousaines se préparent à l’arrivée d’étudiants supplémentaires en première année après les hausses d’admission au bac

Béatrice Colin

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Sur le site de l'Arsenal de l'Université Toulouse 1-Capitole. (illustration)
Sur le site de l'Arsenal de l'Université Toulouse 1-Capitole. (illustration) — UT1 Capitole
  • Le taux d’admission au bac a atteint les 96 % dans l’académie de Toulouse, soit entre 1.500 et 2.000 bacheliers supplémentaires qui vont poursuivre leurs études.
  • Les universités s’attendent à un afflux massif d’inscrits supplémentaires.
  • A défaut de pouvoir pousser les murs, les universités trouvent des solutions alternatives pour accueillir tout le monde mais redoutent le manque de moyens.

Avec la crise du coronavirus, et une éventuelle deuxième vague, la rentrée universitaire de septembre s’annonçait déjà très compliquée. C’était sans compter sur les  records d'admission au baccalauréat.

Une bonne nouvelle pour ceux qui ont aujourd’hui leur sésame en poche, mais un véritable casse-tête pour les représentants de l’enseignement supérieur qui doivent faire face à un afflux important d'étudiants en première année.

Avec un taux de réussite de plus de 96 % au baccalauréat cette année sur l’académie de Toulouse, c’est environ 1.500 et 2.000 bacheliers supplémentaires à qui il faut trouver une petite place pour l’an prochain.

Au niveau national, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé la création de 10.000 places supplémentaires à la rentrée, tous secteurs confondus.

Plages horaires élargies

Des moyens qui pourraient être largement insuffisants, rien que les Universités s’attendent à recevoir 35.000 étudiants supplémentaires.

« Nous avions eu une forte hausse des demandes lors des vœux en Droit, Eco et Gestion. Mais on ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi haut. Nous avons augmenté au maximum nos capacités d’accueil pour la rentrée, mais on ne peut pas pousser les murs, nous sommes au bout du bout », relève Corinne Mascala, la présidente de l'Université Toulouse 1-Capitole.

Elle évalue cette année à un millier le nombre d’étudiants supplémentaires en première année dans ses filières sur un total de 7.000. Elle enregistre ainsi 200 inscrits de plus en Droit. Pour que tout le monde puisse suivre les cours, et à défaut de pouvoir créer des salles de classe en un temps record, elle fait du surbooking et « nous avons élargi les plages horaires de 7 h 30 à 21 h 30, ce n’est pas idéal mais on ne peut pas faire autrement », explique cette responsable.

Si cet accueil de nouveaux étudiants à un coût, l’un des problèmes que Corinne Mascala doit résoudre au cours des prochaines semaines et celles des ressources humaines. « Il faut avoir des enseignants en face de ces étudiants supplémentaires, nous sommes une université sous-encadrée. Paradoxalement on demande aux universités de réduire les heures complémentaires. Et on ne sait toujours pas si la rentrée se fera en présentiel ou pas », explique la présidente de Toulouse 1-Capitole, qui ne cache pas qu’elle redoute ce début d’année et de devoir faire des choix après dans la gestion de son budget pour accueillir tout le monde.

Tout comme Fabienne Alary, la vice-présidente de l'Université Paul-Sabatier. Pour l’instant, elle ne sait pas exactement combien de première année supplémentaire l’UT3 devra absorber. « Il y a une différence entre les annonces de la ministre et ce qui se passe sur le terrain. On aura besoin de bras et de murs, et même si c’est une année transitoire pour certains étudiants, il ne faut pas leur faire faire n’importe quoi juste pour qu’ils aient leur carte d’étudiants », indique cette responsable universitaire.

Elle sait que certains étudiants de première année présents à la rentrée n’auront peut-être pas le profil pour intégrer une filière classique. « On réfléchit, notamment à un accompagnement renforcé. Ils seront accueillis dignement, après il va falloir voir comment on fait », conclut Fabienne Alary.