Coronavirus à Toulouse : Colère chez Derichebourg, un sous-traitant d’Airbus qui choisit de réduire les acquis sociaux

AERONAUTIQUE Les salariés de Derichebourg Aeronautics Services sont divisés. Le syndicat FO de ce sous-traitant d’Airbus en difficulté a accepté de rogner sur les acquis sociaux pour éviter les licenciements

20 Minutes avec AFP

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Près de 300 salariés de Derichebourg ont manifesté le 9 juin contre l'accord de performance et de compétitivité imposée par leur direction.
Près de 300 salariés de Derichebourg ont manifesté le 9 juin contre l'accord de performance et de compétitivité imposée par leur direction. — J. Rimbert

La fin des indemnités de transport et de repas, remplacées par des « tickets resto », et la suppression du treizième mois pour ceux qui gagnent plus de 2,5 fois le Smic. C’est ce que prévoie l'accord de performance collective (APC) qui doit entrer en vigueur chez Derichebourg Aeronautics Services, un sous-traitant d' Airbus plongé dans la difficulté par la crise sanitaire. Sans cet APC, la direction brandissait la menace d’un plan social laissant sur le carreau 700 des 1.600 salariés de l’entreprise qui travaillent pour 1.400 d’entre eux à Toulouse.

« On a choisi de sauver l’emploi », indique Eric Fabre, le secrétaire général FO du CSE, signataire de l’accord en tant que syndicat majoritaire et dont le blanc-seing rend possible l’APC.

« L’effort pèse uniquement sur les salariés »

Mais cette validation provoque une fracture dans les rangs des salariés dont la coordination manifeste depuis plusieurs jours devant l’entreprise à Blagnac aux côtés de l’Unsa et de la CFE-CGC.

Ils étaient 200 à 300 encore rassemblés ce vendredi matin. « Nous dénonçons la perte d’acquis sociaux qui a été décidée de façon précipitée alors qu’un plan d’aides de 15 milliards d’euros a été présenté mardi [par le gouvernement] », s’indigne un représentant de l’Unsa. « La CFE-CGC ne signera pas cet accord, nous n’avons pas eu de véritables négociations et l’effort pèse uniquement sur les salariés », déplore sa représentante, Carine Adam.

En grève depuis mardi, les salariés hostiles à l’APC doivent décider ultérieurement de la suite à donner à leur mouvement.