Coronavirus à Toulouse : Il faut sauver le soldat Airbus (et sa « nouvelle » usine)

ECONOMIE A la veille de l’annonce d’un plan de soutien à l’aéronautique, les élus de la région de Toulouse demandent à Airbus de ne pas renoncer à assembler un nouvel avion dans la Ville rose

Hélène Ménal

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La chaîne de production des A380 dans l'Usine Jean-Luc Lagardère à Blagnac. Archives.
La chaîne de production des A380 dans l'Usine Jean-Luc Lagardère à Blagnac. Archives. — Frédéric Scheiber/20MINUTES
  • Le gouvernement doit annoncer ce mardi un vaste plan de soutien au secteur de l’aéronautique, foudroyé par la crise du coronavirus.
  • Juste avant que la bouée soit jetée, les élus de Toulouse et d’Occitanie demandent à Airbus de confirmer son projet d’une nouvelle usine dans la Ville rose.
  • Sans cela, les nombreux sous-traitants seraient encore plus fragilisés.

Sur les 415.000 emplois salariés que compte la métropole de Toulouse, 60.000, soit 14,5 %, sont liés à l’aéronautique. C’est dire si la ville d' Airbus risque gros dans cette crise sanitaire qui, en paralysant durablement le trafic aérien, a foudroyé en vol tout un écosystème.

C’est dire aussi si l’annonce du gouvernement ce mardi d’un vaste plan de soutien à ce secteur stratégique est attendue avec fébrilité du côté de la Ville rose. Selon le quotidien Les Echos, la manne s’élèvera à 10 milliards d’euros. Elle devrait comprendre « une prime à la casse » pour les compagnies aériennes, les incitant à renouveler leur flotte alors qu’Airbus n’a enregistré aucune nouvelle commande au mois de mai.

Sur place, les élus aussi se mobilisent. Ce lundi, Toulouse Métropole, présidée par le LR Jean-Luc Moudenc, a annoncé son intention de verser 10 millions d’euros dans le fonds de relance de l’aéronautique piloté par la région Occitanie. La collectivité va aussi activer divers fonds d’aide à l’innovation : « Il y a des démarches de Recherche et développement (R & D) qui doivent être accélérées et que le secteur n’a plus les moyens de financer », souligne Jean-Luc Moudenc, persuadé que l’avenir est à la « décarbonation de l’industrie aéronautique », en résumé à « l’avion vert ».

Coup de pression

Ces efforts pour sauver le soldat Airbus ne se font toutefois pas sans contrepartie. Lundi aussi, le maire de Toulouse a rendu public un courrier en date du 1er juin qu’il signe avec Carole Delga (PS), la présidente de la région Occitanie et une quarantaine d’autres collectivités. Il est adressé à Guillaume Faury, le patron de l’avionneur et sonne comme un coup de pression. La lettre lui demande de « confirmer » et « lancer au plus tôt » l’installation à Toulouse de la chaîne d’assemblage de l'A321XLR, un nouveau un monocouloir économe et « extra longue distance » qui plaisait bien aux clients avant la crise et garde ses atouts pour l’après.

Airbus avait annoncé début janvier l’implantation de cette chaîne d’assemblage à l’usine Jean-Luc Lagardère, en lieu et place de celle de l'A380, dont le programme a été arrêté. Mais le constructeur a mis le projet en « stand-by ». « Et il existe un aléa, sinon on ne se mobiliserait pas », glisse Jean-Luc Moudenc.

Car le fleuron Airbus n’est pas seul dans la tempête. « Nous avons un savoir-faire, un capital social en matière d’ingénierie et toute la chaîne des sous-traitants à maintenir », souligne Joseph Carles (PRG), maire de Blagnac et président de la commission des finances de Toulouse Métropole. Et pour cela, rien de mieux qu’une nouvelle chaîne d’assemblage.