Municipales 2020 à Toulouse : Moudenc sort la sulfateuse contre « les forces obscures » d’Archipel citoyen

POLITIQUE Après la fusion des listes de gauche autour de l'écologiste Antoine Maurice, le maire sortant de Toulouse a décidé de passer à l'attaque

Béatrice Colin

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Jean-Luc Moudenc, le maire sortant (LR) de Toulouse lors d'un point presse le 3 juin 2020.
Jean-Luc Moudenc, le maire sortant (LR) de Toulouse lors d'un point presse le 3 juin 2020. — B. Colin / 20 Minutes
  • Mardi, après d'âpres négociations, trois listes de gauche ont en partie fusionné, rassemblant la quasi-totalité des sensibilités derrière l'écologiste Antoine Maurice.
  • Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, a décidé de passer à l'offensive en critiquant ses adversaires.

Il n’y va pas par quatre chemins. Avant la fusion des listes de gauche, le maire sortant de la Ville rose, Jean-Luc Moudenc (LR) avait comparé les membres de la liste Archipel citoyen à des pastèques : verts à l’extérieur, rouges à l’intérieur. Après l’union aux forceps annoncée hier entre les différents courants politiques de la gauche toulousaine, il a poursuivi son traitement en sortant la sulfateuse contre « ces forces obscures ».

« L’alternative proposée inclut des forces d’extrême gauche particulièrement dangereuses, dont je dénonce le silence complice face aux violences. Le modèle de notre démocratie locale apaisée est en péril », a lâché mercredi l’édile, arrivé en tête au premier tour du scrutin avec 36,18 %.

Mais en fin politique, il sait que rien n’est joué d’avance et que l’addition des voix de gauche ne lui est pas très favorable. Tout comme le dernier sondage Ifop, commandé par Archipel, qui donne en tête la gauche unie au second tour, avec 52 % des voix. « Je m’en suis toujours méfié, en 2014, à neuf reprises ils m’ont donné battu. Plus qu’aux sondages, c’est aux conversations avec les gens auxquelles je me fie », assure le maire sortant.

Des échanges au cours desquels il ne manquera pas de critiquer son adversaire qui avance « masqué » derrière « une aimable cagoule d’inoffensivité », et « dissimule ses choix de fond les plus dangereux ». Jean-Luc Moudenc pointe « les adeptes de la décroissance alors que les emplois sont menacés », le secteur aéronautique que lui est prêt à défendre et auquel « l’extrême-gauche d’Archipel oppose une défiance aussi ancienne que tenace », ou encore les divergences d’opinions entre les colistiers d’Antoine Maurice sur la nécessité de construire la LGV. Et pour appuyer ses propos sur l’économie, il en appelle à son ancienne challengeuse, la socialiste Nadia Pellefigue, « qui a défendu des positions identiques aux nôtres ».

Attaques dénoncées

Jean-Luc Moudenc aurait-il peur ? « Je préviens les Toulousains et les mets en garde. Nous voulons faire barrage à l’extrême-gauche », qu’il estime inexpérimentée. Contrairement à lui. « Par gros temps, ne faut-il pas mieux un capitaine aguerri à la tête du navire, accompagné de Toulousains détenteurs de compétences, plutôt qu’une armée mexicaine soumise aux ordres des partis, avec à sa tête l’inexpérience, doublée d’un déficit d’autorité ? », clashe Jean-Luc Moudenc, en visant directement Antoine Maurice.

Du côté d’Archipel citoyen, on dénonce ces attaques, symptômes d’une peur. « C’est une habitude chez lui, il y a le Jean-Luc Moudenc que l’on retrouve souple durant cinq ans et qui devient dur quand on se rapproche des élections », commente le sénateur socialiste Claude Raynal, qui a rallié la liste Archipel citoyen après avoir été colistier de Nadia Pellefigue.