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TRANSPORTSL’épidémie menace-t-elle la 3e ligne de métro de Toulouse ?

Coronavirus à Toulouse : L’épidémie menace-t-elle la 3e ligne de métro ?

TRANSPORTSMoins de voyageurs, moins de rentrées d’argent. Tisséo aura-t-il les moyens après la crise sanitaire de financer une ligne de métro à 2,7 milliards ? Certains élus s’en inquiètent mais Sacha Briand, l’élu de la métropole en charge des finances, se veut rassurant
La station de métro Capitole à Toulouse... vide pendant le confinement.
La station de métro Capitole à Toulouse... vide pendant le confinement. - F. Scheiber - Sipa
Hélène Ménal

Hélène Ménal

L'essentiel

  • La crise sanitaire peut-elle plomber les finances de Tisséo au point de menacer la réalisation de la fameuse 3e ligne de métro ?
  • Des maires de l’agglomération se posent sérieusement la question.
  • Ils pointent que les ressources de Tisséo sont indexées non seulement sur les recettes de la billetterie mais aussi et surtout sur la masse salariale des entreprises.
  • Sacha Briand, vice-président aux Finances de Toulouse métropole, n’est pas inquiet.

Les couloirs et les rames vides du métro pendant le confinement sont-ils de mauvais augure pour la 3 ème ligne de métro, annoncée pour 2025 entre Labège et le pôle aéronautique ? Deux maires divers gauche de l’agglo, Marc Péré pour L’Union, François Lépineux pour Brax, mettent les pieds dans le plat. Ils pensent que « le manque à gagner se chiffrera en centaines de millions d’euros » pour Tisséo et demandent « une mise à jour » du plan adopté en 2019 pour financer une ligne estimée à 2,7 milliards.

L’inquiétude des deux édiles se cristallise sur deux points. Le premier et le plus évident étant la perte de recettes inévitable entraînée par les longues semaines de confinement du réseau sur lequel d’ailleurs les rares usagers courageux bénéficiaient de la gratuité. En général, les recettes voyageurs de Tisséo sont d’environ 100 millions d’euros par an. Le chiffre du manque à gagner dû au coronavirus n’est pas encore connu, sachant que les effets seront durables puisque la fréquentation, même si elle est peu meilleure qu’espéré, est à 30 % de son niveau habituel.

Le fameux « Versement transport »

Le deuxième effet Covid-19 pointé par Marc Péré et François Lépineux est moins connu du grand public. Tisséo tire en effet son principal revenu – 280 millions d’euros dans les prévisions désormais faussées pour 2020 – du Versement transport (VT). Il s’agit d’une taxe acquittée par les entreprises de l’agglomération et indexée sur la masse salariale. Le hic, c’est qu’elle ne s’applique pas aux salariés au chômage partiel, comme les milliers d’airbusiens par exemple. Par ailleurs le VT va forcément être amputé par la récession économique annoncée.

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« Mais bien malin qui est capable de donner un chiffre sérieux », réagit Sacha Briand (LR), le vice-président aux Finances de Toulouse Métropole. L’élu est moins pessimiste que ses collègues de l’opposition métropolitaine. S’il reconnaît que « certes, le coronavirus, n’améliore pas les perspectives », il n’est pas inquiet pour la 3e ligne de métro. « La crise est conjoncturelle alors que l’on parle d’un investissement que l’on va financer et rembourser sur 20 ou 30 ans », explique le grand argentier de l’agglo. « Non seulement, la crise ne remet pas en cause le projet mais il le rend encore plus nécessaire parce que les grandes infrastructures sont essentielles pour la relance de l’économie et parce que cette desserte du pôle aéronautique est indispensable pour maintenir sa compétitivité et l’attractivité du territoire », plaide Sacha Briand.

Les élus de Toulouse Métropole sont au moins d’accord sur un point : l’Etat doit venir à la rescousse. « Seule une aide massive de l’Etat pourrait sauver la trajectoire des investissements » de Tisséo estiment les maires de L’Union et Brax. Sacha Briand compte pour sa part sur le gouvernement pour verser le « VT » correspondant aux salariés en chômage partiel comme le demande aussi la très puissante RATP.

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