Déconfinement à Toulouse : Les soignants de retour sur le terrain des revendications

SOCIAL Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté devant les sites du CHU de Toulouse pour demander plus de moyens pour l’hôpital public

Béatrice Colin

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La première manifestation post-déconfinement au CHU de Toulouse.
La première manifestation post-déconfinement au CHU de Toulouse. — B. Colin / 20 Minutes
  • Au premier jour du déconfinement, une manifestation a eu lieu devant le CHU de Toulouse à l’appel des syndicats CGT et Sud.
  • Alors que les personnels soignants ont été très sollicités au cours de l’épidémie, les manifestants appellent à une reconnaissance par des moyens humains supplémentaires et des hausses de salaires.

« Après les applaudissements, on espère que les gens seront derrière nous pour la suite ». Fabienne travaille au service de consultation du service obstétrique de l’hôpital Paule-de-Viguier, à Toulouse.

En début d’après-midi ce lundi, cette membre du personnel soignant du CHU de Toulouse participait à la première manifestation post-confinement, au nom de la liberté de revendiquer.

« Héros mieux rémunérés »

Masquées, les dizaines de personnes présentes sur le site de Purpan ont demandé que la reconnaissance ne s’arrête pas à des symboles, mais passe par des moyens. « Je viens de croiser un collègue qui avait un masque périmé depuis deux ans… Nous n’avons pas le matériel. En obstétrique, nous faisons une part du travail des secrétaires, confinées à leur poste, mais sans bras supplémentaires. L’attente, c’est que les héros soient mieux rémunérés, pas en primes, car ça on ne saura pas si on les aura, mais en augmentation de salaire », plaide Fabienne.

Une revendication partagée par les syndicats Sud et CGT, à l’origine de l’appel à manifester. « Nous demandons des moyens de protection réelle, notamment des masques, certains sont obligés de les porter durant 8 h sans que cela réponde aux normes. C’est d’autant plus inquiétant que nous avons échappé ici à la grosse vague. L’hôpital a tenu le coup car il y a eu une suspension des autres interventions. Là, notre appréhension est pour la suite, il va falloir rattraper les 2.000 interventions déprogrammées avec les mêmes moyens, alors que c’était déjà la crise avant », insiste Pauline Salingue, secrétaire CGT du CHSTC de Purpan qui demande la création de 1.500 sur les sites du CHU de Toulouse.

Repondre aux attentes des patients

Un appel à la grève qui aura été suivi par 0,87 % des salariés du CHU selon la direction. Pour elle, la crise sanitaire a permis de trouver de nouveaux moyens de travailler. « Il y a des difficultés, c’est la vie normale de n’importe quelle grosse institution, mais notre hôpital a montré sa capacité à s’organiser rapidement, à protéger ses personnels et ses patients », a indiqué en fin de semaine dernière son directeur général, Marc Penaud.

Plutôt que de répondre « en termes de surfaces ou de nombre de lits », ce dernier préfère répondre aux « attentes des patients » et plancher sur l’interaction de demain entre l’hôpital, la médecine de ville ou encore la télémédecine, très utilisée au cours des deux derniers mois.