l'abordage des « pirates » paraît difficile

Hélène Ménal - ©2008 20 minutes

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D'un côté les « pirates pilleurs d'entreprises », de l'autre des élus locaux dont la vision est « médiévale ». Hier, devant le tribunal de commerce, l'heure n'était pas aux politesses entre les avocats des collectivités locales et ceux du groupe américain Molex. Cette audience a été provoquée en urgence par la mairie de Villemur et le conseil général.

Après l'annonce d'un projet de fermeture du site,qui emploie plus de 300 salariés, les deux collectivités tentent d'arracher au tribunal la nomination d'un administrateur judiciaire à la tête de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn.

En somme, de priver les dirigeants américains de cette usine de composants automobiles de leurs prérogatives. Ou, à défaut, de leur imposer « un contrôleur de gestion ». « Nous avons affaire à une société mère qui a peut être décidé de sa fermeture dès son rachat en 2004 et qui depuis pille tous ses actifs », a expliqué à la barre Christophe Lèguevaques, l'avocat de la mairie de Villemur. « On a décidé une fermeture au seul motif d'améliorer la rentabilité par action du groupe Molex », a ajouté Jean-Marc Denjean, invité à donner son avis en tant que défenseur des salariés. Globalement, les mandataires des élus ont soulevé le problème moral de savoir s'il faut laisser licencier dans une entreprise qui fait des bénéfices.

Mais c'est sur le terrain juridique essentiellement que les avocats de Molex ont répondu « à ces politiques locaux qui viennent ici chercher quelque tribune » ou « réclamer une expropriation déguisée ». Pour Molex, ils ne sont pas fondés à agir. Et le parquet est sur la même ligne « la fermeture est un problème politique, économique, presque philosophique, mais on ne peut pas tout demander au juge », a conclu le substitut du procureur. Le juge rendra sa décision le 9 décembre.