le sida sur la voie du dépistage express

Aline Royer - ©2008 20 minutes

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L'épidémie de sida n'a pas progressé en France en 2008. Mais elle n'a pas reculé pour autant. A Toulouse, 78 personnes ont été dépistées séropositives entre septembre 2007 et septembre 2008, et quatorze ont déclaré la maladie. Plus grave : neuf de ces quatorze nouveaux malades ignoraient leur séropositivité. « Un pourcentage important de résultats sérologiques n'est jamais remis, car les gens, trop angoissés, ne viennent pas les récupérer. C'est dramatique, car c'est du temps perdu dans le combat contre la maladie. Plus le traitement est pris tôt, plus les premiers symptômes sont retardés », explique Christian Sacré, président de l'association Aides 31.

C'est justement pour améliorer l'efficacité du dépistage qu'une expérimentation de dépistages rapides se met en place dans les principales villes de France. L'association Aides et l'Agence nationale pour la recherche du sida travaillent à la mise en place de tests en deux heures, comprenant un protocole d'entretiens individualisés avant et après le test, là où il faut habituellement une semaine pour obtenir son résultat.

A Toulouse, le projet ciblera dans un premier temps la population homosexuelle et pourrait aboutir mi 2009. Les tests seraient pratiqués par des bénévoles de Aides, formés à l'annonce délicate du résultat, dans l'enceinte du Centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) de la Grave. « L'objectif est aussi de démontrer aux pouvoirs publics qu'il y a un déficit de personnel dans les CDAG pour une vraie prise en charge individuelle », précise Christian Sacré. L'avenir de l'hôpital de jour de la Grave préoccupe justement l'association Act'Up et ce, malgré les engagements du nouveau maire, Pierre Cohen (PS). « Un projet vise à regrouper début 2009 les hôpitaux de jour de moins de huit lits, ce qui concernerait le service de dermatologie qui assure le suivi régulier de 400 séropositifs. Si l'hôpital de jour ferme, ce service ne sera plus assuré, et ensuite on nous dira qu'on transfère le CDAG à Purpan », s'inquiète Guy Molinier, un militant.

Pour protester contre cette éventualité, Act'Up appelle à un rassemblement, à 11 h 30, devant l'Hôtel-Dieu.