marche ou grève

Eric Dourel - ©2008 20 minutes

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On ne piétine pas impunément le droit de grève. Vendredi, le tribunal des prud'hommes de Saint-Gaudens a condamné le PDG et actionnaire canadien de l'entreprise Thermo Magnésium France (TMF), implantée à Marignac (Haute-Garonne), à verser 1,8 million d'euros à dix-sept de ses anciens salariés pour « licenciements entachés de nullité ».

Le 13 décembre 2007, soit deux mois et demi après les licenciements économiques d'un délégué CGT et d'un représentant du comité d'hygiène et de sécurité, le dernier représentant syndical de cette entreprise spécialisée dans le recyclage du magnésium (métal léger utilisé dans l'automobile, l'aéronautique) est licencié pour « fautes ». Son tort ? Avoir ouvertement dénoncé les conditions de sécurité et d'environnement dans l'entreprise. Les 19 ouvriers de la production se mettent aussitôt en grève, d'une journée, pour protester contre l'éviction de leur collègue. « Mouvement illicite », leur écrit le PDG. Le 18 janvier, ils sont tous licenciés pour « faute grave » et remplacés par des intérimaires. Les prud'hommes sont saisis. Le jugement est donc intervenu vendredi. « Depuis trente ans que je plaide en droit social, jamais je n'avais vu une telle volonté de méconnaître le Code du travail. Cette grève était parfaitement licite », explique Jean-Marc Denjean, l'avocat des salariés. De son côté Bernard Mathieu, PDG de TMF, assure n'être « au courant de rien ». Dommage, car dans quelques jours, les mêmes prud'hommes se prononceront sur le licenciement de cinq autres de ses anciens salariés, congédiés de manière toute aussi expéditive.