Coronavirus à Toulouse : Comment prépare-t-on un conseil municipal confiné ?

CASSE-TETE En plein confinement, le conseil municipal de Toulouse doit se réunir mercredi au Capitole. Enfin presque

Hélène Ménal
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Une séance du conseil municipal de Toulouse. Illustration.
Une séance du conseil municipal de Toulouse. Illustration. — F. Scheiber - Sipa
  • Le conseil municipal de Toulouse va « se réunir » mercredi en plein confinement.
  • L’option choisie est un mélange entre présence physique et participation numérique.
  • La séance restera dans les annales, plus sur la forme que pour ses passes d’armes.

Oui, le conseil municipal de Toulouse va se réunir ce mercredi 29 avril au matin, en plein confinement. Et, non, les 69 élus ne vont pas s’agglutiner, comme de coutume, dans la grande salle du conseil du Capitole. Ils ne seront que 17 en fait, « en présentiel » comme on dit, à se parler de loin. Et 25 en tout, soit un gros tiers des élus, à participer aux débats, huit intervenants étant connectés en visio (« ou en audio »). Chaque élu connecté ou assis dans la salle aura délégation pour voter au nom de deux de ses collègues.

« Nous avons fait des tests de connexion et il y aura une personne d’astreinte technique pour chaque conseiller connecté si ce dernier rencontre des problèmes », indique le Capitole. Le conseil sera enregistré et diffusé en live pour le public sur le site de la mairie. Ou sur un site de secours, car l'officiel est resté « planté » tout lundi.

Dans les clous avec la règle du tiers

En réunissant un tiers du conseil et en assurant la présence d’un tiers des membres de chaque groupe politique, le maire, Jean-Luc Moudenc (LR) est parfaitement dans les clous de l’ordonnance du 1er avril sur la continuité du débat démocratique par temps de coronavirus.

Les négociations se sont toutefois poursuivies lundi matin. « Nous avons obtenu de répartir à notre guise nos 12 minutes d’intervention par sujet alors qu’au départ nous n’avions droit qu’à un seul orateur », souligne Isabelle Hardy (groupe socialisme et écologie). Antoine Maurice (EELV), arrivé deuxième du premier tour de l’élection municipale, ne valide toujours pas le dispositif technique. « On aurait très bien pu réunir tout le monde en visio, Grenoble l’a fait la semaine dernière et ça s’est très bien passé », avance-t-il.

Normalement, sans polémique politique

Le challenger n’est pas non plus convaincu de l’utilité politique de ce conseil municipal spécial Covid-19. Exonération de droits de places ou de taxe foncière pour les commerçants, organisation dans les services, dispositifs d’aide aux plus précaires, la plupart des décisions sont déjà – légitimement – prises et opérationnelles. Elles vont juste être frappées du sceau de la démocratie municipale, dans ce contexte si particulier à la fois de crise sanitaire et d’entre-deux politique.

« Les oppositions », que le maire réunit tous les lundis en visio depuis plusieurs semaines, préviennent d’ailleurs qu’elles n’ont pas l’intention de croiser le fer à fond. Dans un communiqué commun, elles notent que certaines de leurs suggestions ont été prises en compte comme la nécessité d’un « urbanisme tactique » avec de nouvelles pistes cyclables pour le déconfinement ou les mesures à l’endroit des habitants les plus fragiles. Les élus d’opposition préparent ce conseil « dans un esprit constructif et républicain » en espérant par exemple convaincre leurs collègues de renforcer le dispositif d’animation estival pour tous les pitchouns qui, probablement, ne partiront pas en vacances. « Mais, aujourd’hui, disent-ils, plus encore que d’ordinaire, l’heure est à la mobilisation et à l’efficacité ».

Quand on recommencera à s’écharper dans la salle du conseil du Capitole, ce sera bon signe.