Coronavirus en Haute-Garonne : Déjà plus de 140.000 masques collectés pour les soignants, avec des donateurs parfois surprenants

SOLIDARITE Toutes les préfectures de France ont lancé un appel aux dons de masques et de matériel de protection pour les soignants. A Toulouse, 140.280 masques ont été collectés en quelques jours, et leur provenance est parfois étonnante

Hélène Ménal

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Boîtes de masques de protection contre le coronavirus (illustration)
Boîtes de masques de protection contre le coronavirus (illustration) — Tristan Reynaud/SIPA
  • Les masques sont le nerf de cette guerre sanitaire. Face à la pénurie, partout en France, les préfectures ont lancé un appel aux dons.
  • Celle de la Haute-Garonne a reçu plus de 140.000 masques en cinq jours.
  • Laboratoires de recherche, banque ou même zoo… Voici un inventaire non exhaustif de ceux qui s’emploient, à l’arrière.

Certains sont « périmés » mais, à la guerre comme à la guerre, ils conservent leurs vertus protectrices contre le coronavirus. Au dernier décompte, 140.280 masques de protection sont parvenus en cinq jours à la préfecture de Haute-Garonne, à Toulouse. Ces précieuses livraisons font suite à l’appel aux dons lancé vendredi 20 mars dans tous les départements par les services de l’Etat pour ravitailler depuis l’arrière les soignants qui sont au front.

Alors qui sont ces donateurs prévoyants, ou « oublieux » et c’est heureux, qui ont sorti des masques de derrière les fagots ?

A Toulouse, la communauté scientifique a pris sa part de l’effort de guerre. Aidés par l’Université Paul-Sabatier et l’Inserm, les 64 laboratoires du CNRS Occitanie Ouest qui « tournent au ralenti » pour cause de confinement en ont profité pour vider paillasses, stocks et tiroir. Ce déstockage de printemps a donné des résultats impressionnants : 4.965 masques de protection chirurgicaux, 2.630 super-masques FFP2 ou FFP3, 700 surblouses, 344 lunettes de protection mais aussi 11.000 charlottes ou encore 342.400 paires de gants de protection de toutes tailles,

Tout le matériel a été remis dès le début de la semaine à l’agence régionale de Santé (ARS). Il est essentiellement destiné au personnel soignant mais une partie sera aussi distribuée dans les Ehpad où la situation est particulièrement tendue. Au-delà de ce renfort logistique, le CNRS annonce aussi que ses labos de chimie vont se lancer dans la production de gel hydroalcoolique.

Au fond du Tarn ou dans la salle des archives

Autre décor, autre effort. La Caisse d'Epargne Midi-Pyrénées fait savoir qu’elle a réuni 380.000 masques en tout, FFP2 ou chirurgicaux. Ils « dormaient » à Mazamet, dans le Tarn, sur site du groupe bancaire « prévu pour la continuité d’activité de ses activités essentielles ». 200.000 de ces masques sont en partance pour le CHU de Montpellier, 150.000 pour celui de Toulouse. Mais les cliniques privées de la Ville rose ne sont pas oubliées.

Plus étonnant encore, la Cour régionale des comptes d’Occitanie a exhumé de la « salle des archives » de son siège à Montpellier, 6.000 masques qu’elle a remis aux établissements de santé mais aussi aux pharmaciens, médecins ou infirmiers libéraux. Ce stock « archivé » date de 2009 et des précautions prises pour la grippe H1N1, mais l’ARS a donné son visa.

Même le zoo vide ses placards

Dans cette crise, chacun aide à sa mesure. A l’ouest de Toulouse, le zoo de Plaisance-du-Touch​ a décidé de vider ses placards. Au total, 500 paires de gants chirurgicaux, 8 blouses, 200 charlottes et 75 tabliers ont atterri dans l’officine de la commune. Charge à elle de les distribuer aux professionnels de santé ou aux nécessiteux.