Coronavirus à Toulouse : Hôtels désertés, événements annulés… Une filière « en danger de mort immédiat »

ALARME Salons, concerts, réceptions… les annulations en cascade qu’entraîne l’épidémie de coronavirus frappent durement le secteur évènementiel. A Toulouse, 200 professionnels s’estiment « en danger de mort » et demandent des mesures immédiates

Hélène Ménal

— 

Comme beaucoup d'autres évènement le Carnaval de Toulouse n'a pas résisté au Coronavirus.
Comme beaucoup d'autres évènement le Carnaval de Toulouse n'a pas résisté au Coronavirus. — Capture d'ecran - Cocu
  • Premiers frappés par les conséquences du coronavirus, les professionnels de l’évènementiel et de l’hôtellerie prennent les devants.
  • A Toulouse, ils se fédèrent sous la bannière #SOSevents31.
  • Confrontés à des baisses de chiffre d’affaires pouvant déjà atteindre les 60 %, ils réclament des solutions rapides.

Voilà un hashtag que les créatifs de leurs boîtes auraient préféré ne jamais inventer : #SOSevents31. Quelque 200 responsables toulousains de l’évènementiel et de l’hôtellerie se sont réunis sous cette bannière « informelle » il y a quatre jours. « On a l’impression que ça fait un siècle », souffle Jean-François Renac, l’un de ces patrons plus qu’inquiets des conséquences du coronavirus.

De coups de fil en désistements, d’annulations en improbables reports, les agendas et les plannings se vident aussi vite que les salles. « On ne peut rien organiser au-dessus d’une jauge de 1.000 personnes mais nos clients, c’est à partir de 20 personnes qu’ils invoquent le principe de précaution », assure le patron de Miharu, qui exploite des lieux d’événementiel.

60 à 95 % des événements annulés

Le collectif de crise SOSevents31 a fait ses comptes. Il estime que 60 à 95 % des événements prévus d’ici à juin n’auront pas lieu, « et c’est 100 % pour les traiteurs ». Même catastrophe dans l’hôtellerie où selon les établissements les chiffres d’affaires ont déjà chuté de « de 25 à 60 % ».

Les acteurs de ces métiers savent qu’ils ne sont que les premières victimes d’un plus grand choc à venir. « Et même si tout revient à la normale, on ne pourra pas jouer à Tetris en recasant en septembre tous les évènements reportés », assure Jean-Francois Renac. « Notre filière est en danger de mort immédiat », poursuit Pierre Garrigue, le dirigeant de la société de communication PGO.

« Décréter un état de catastrophe économique »

Ce jeudi une délégation a été reçue « avec bienveillance » à la métropole pour demander une annulation exceptionnelle de la taxe de séjour – 1,5 million d’euros par an – payées par les hôtels. Les membres de SOSevents31 sont persuadés que les facilités fiscales déjà décidées sur le plan national ne suffiront pas. « Il faut décréter un état de catastrophe économique », préconisent-ils, « en imaginant par exemple que les assurances pourraient prendre en charge une partie des pertes ». Beaucoup d’autres secteurs auront sans doute le même souhait dans les jours qui viennent.