Airbus rate la piste de la diversité

H. M. - ©2008 20 minutes

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L'avionneur européen aurait du mal à recruter des personnes maghrébines. C'est du moins le sentiment de Froul Louzaï. Cet intérimaire d'origine algérienne est persuadé que ses racines ont pesé, en juillet 2006, dans la décision d'Airbus de ne pas l'embaucher définitivement. Les juges n'ayant pas réussi à arbitrer cette affaire en juillet, elle revenait hier devant le tribunal des prud'hommes. « J'avais trente mois d'expérience sur le poste à pourvoir et ce n'est pas moi qu'on a choisi », explique le plaignant qui, depuis, galère de petits boulots en petits boulots. « On ne peut pas dire que dans les cantines de l'entreprise, la proportion de Maghrébins soit la même que sur la place du Capitole », ajoute un militant CGT d'Airbus.

Après enquête, la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) va aussi dans ce sens. « Sur les 280 embauches à Toulouse entre 2000 et 2006, deux personnes ont des patronymes à consonance maghrébine. Le dossier est troublant et les réponses d'Airbus ne nous ont pas convaincus », affirme Renaud Frechin, l'avocat de l'organisme. « Le dossier est vide. Le poste sur lequel il y a eu une embauche n'était pas celui de Monsieur Zoulaï. (...) Il n'avait pas le profil, l'autre candidat oui », a plaidé Nathalie Clair, au nom de l'avionneur. Elle soupçonne la Halde de vouloir « accrocher une grande entreprise à son tableau de chasse ». Alors, faux procès ou vraie discrimination ? La décision tombera le 11 décembre.