Toulouse : Polémique autour d’une vidéo montrant un policier entrer dans une église où une manifestante s’est réfugiée

GILETS JAUNES L’entrée dans une église d’un policier poursuivant une manifestante « gilet jaune », samedi à Toulouse, a soulevé des critiques, y compris de l’archevêque de Toulouse

Béatrice Colin

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Lors d'une manifestation des « gilets jaunes ».
Lors d'une manifestation des « gilets jaunes ». — Adria Salido Zarco/SIPA
  • Ce samedi, à Toulouse, avait lieu l’acte 64 des « gilets jaunes » auquel plusieurs centaines de manifestants ont participé.
  • Alors que les forces de l’ordre empêchaient l’accès à la place du Capitole, des manifestants se sont réfugiés rue du Taur, notamment dans une église.
  • Un policier a poursuivi une manifestante dans l’église, par « inadvertance » selon la préfecture, ce qui a soulevé une vague de critiques.

Même l’archevêque de Toulouse a décidé de réagir ce dimanche. « Je rappelle que nos églises restent des lieux de paix et d’asile qui doivent être respectés comme tels », a insisté dans un communiqué Mgr Robert Le Gall.

La veille, en marge de l’acte 64 des «gilets jaunes», un policier a poursuivi une manifestante qui s’était réfugiée dans l’église Notre-Dame du Taur, située à deux pas de la Capitole à Toulouse. Une scène filmée et diffusée sur les réseaux sociaux sur la chaîne YouTube AB7 Media qui suscite depuis une vive polémique.

Comme chaque samedi, le Capitole était interdit. La rue du Taur, où a lieu l’incident, est une rue perpendiculaire à la place de l’hôtel de ville. Pour éviter que des manifestants y pénètrent, des barrages policiers y sont installés et des gaz lacrymogènes utilisés pour les refouler.

« Par inadvertance » selon la préfecture

C’est ce qui s’est passé à nouveau samedi. Dans ce face-à-face, des « gilets jaunes » se sont réfugiés sous les porches de plusieurs bâtiments de la rue du Taur. « C’est alors que les policiers ont cherché à extraire les manifestants de ces différents bâtiments. Un policier est entré par inadvertance sous le porche de l’église de Notre-Dame-du-Taur afin d’en extraire une femme en la saisissant par le bras. Le policier a immédiatement relâché cette femme dès lors qu’il a compris qu’il se retrouvait sous le porche d’une église », a indiqué dès samedi soir la préfecture de la Haute-Garonne, voyant la polémique enfler.

« En aucun cas le policier n’a pénétré à l’intérieur de l’église. Il n’a pas franchi les portes battantes qui mènent à la nef. Il n’a procédé à aucune interpellation à ce moment-là. Il n’y a pas eu d’exercice coercitif », poursuit le communiqué des services de l’Etat.

Si l’archevêque de Toulouse reconnaît « le climat de violence » vécu depuis plus d’un an tous les samedis et « le difficile travail accompli par ces forces de l’ordre dans notre pays », il appelle toutefois « chacun à plus de calme dans une volonté de dialogue ».

Samedi, en marge de la manifestation six personnes ont été interpellées : deux pour jets de projectiles contre les forces de l’ordre et visages dissimulés, deux autres pour participation à une manifestation avec visages dissimulés et deux pour ports d’armes prohibés, un couteau et une matraque télescopique.