Toulouse : D'ici peu, le premier supermarché où les clients sont aussi les chefs de rayon va ouvrir ses portes

COOPERATIF Après deux ans de test, la Chouette Coop va ouvrir le premier supermarché coopératif et participatif de Toulouse où les clients mettent aussi en rayon

Béatrice Colin

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La Chouette Coop va ouvrir d'ici quelques semaines son supermarché coopératif dans le quartier Marengo.
La Chouette Coop va ouvrir d'ici quelques semaines son supermarché coopératif dans le quartier Marengo. — Chouette Coop
  • Après deux années de test dans une épicerie près de la gare, la Chouette Coop va ouvrir d’ici peu le premier supermarché coopératif et participatif de Toulouse.
  • Les clients sont aussi « propriétaires » du magasin et donnent trois heures de leur temps par mois pour mettre en rayon.
  • Les marges y sont fixes, ce qui permet de mieux rémunérer le producteur et avoir des prix plus bas que dans un supermarché classique.

Certains sont salariés, d’autres retraités, étudiants, et une fois par mois, ils bossent tous au même endroit. Une petite épicerie de l’avenue de Lyon où ils sont tour à tour chefs de rayon ou caissiers. François, Chrystel ou encore Noémie font partie des 300 « propriétaires » de la « Chouette Coop », le premier supermarché coopératif de Toulouse.

Deux ans après l’ouverture de leur premier local test, ces consommateurs engagés viennent de trouver un point de chute pour ouvrir leur magasin d’un nouveau genre. Ces anciens locaux bancaires situés à deux pas de la médiathèque sont situés rue René-Leduc et ouvriront d’ici quelques semaines, après un bon coup de peinture.

« On cherchait 800 m2, on a dû revoir nos prétentions à la baisse. Nous avons 175 m2, mais c’est très bien situé et desservi par le métro », souligne Chrystel Gérard, la coordinatrice de la coopérative.

Marge fixe, prix bas

C’est en tout cas près du triple de surface que l’épicerie qui leur a permis d’expérimenter ces deux dernières années le groupement d’achat, mais aussi la gestion des calendriers ou encore l’achalandage des rayons.

« Nous avons aujourd’hui 900 références de produits, au supermarché nous aurons un assortiment plus large. Nous privilégions le bio et la filière raisonnée et comme dans un supermarché autogéré, la marge est fixe à 20 % sur tous les produits. Cela permet de rémunérer correctement le producteur et de notre côté d’offrir une alimentation de qualité à prix accessible, tout le monde doit s’y retrouver », poursuit Chrystel Gérard.

A terme, ceux qui viendront y faire leurs courses paieront les produits 30 à 40 % moins cher que dans un supermarché classique. Et l’objectif des « chouettos » n’est pas de réserver cette offre aux seuls militants de l’économie solidaire, mais de s’ouvrir sur le quartier.

Reste un impératif pour en bénéficier : chacun d’entre eux devra devenir coopérateur en souscrivant des parts au sein de la Chouette Coop, allant de 10 à 100 euros en fonction des revenus. Mais au-delà d’être coopératif, il est aussi participatif, et chaque « client-propriétaire » doit donner au moins trois heures de son temps tous les mois dans les rayons.

Et à Jolimont dans cinq ans

Avec l’ouverture du futur supermarché, de nouveaux coopérateurs se sont fait connaître et les réunions d’information se multiplient. Les rangs devraient donc grossir pour peut-être atteindre ceux de la Louve, l’équivalent parisien de la Chouette Coop qui ne compte pas moins de 8.000 coopérateurs et une dizaine de salariés. Voir 17.000 comme au premier du genre, le Park Slope Food Coop de New York.

D’ici là, le supermarché aura une nouvelle fois déménagé. Il se sera installé au pied du métro Jolimont, en lieu et place des places des parkings. Avec d’autres, la Chouette Coop a en effet gagné l’appel à projets « Dessine moi Toulouse » sur ce petit bout de territoire où verront aussi le jour d’ici cinq ans un espace de co-working et une crèche engagée.