Toulouse : Ils veulent faire trembler les 150 mètres de la tour d’Occitanie et saisissent la justice

URBANISME Un recours en annulation du permis de construire de la Tour d’Occitanie, un « gratte-ciel » haut de 150 mètres, vient d’être déposé

Hélène Ménal

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Vue aérienne de la future Tour Occitanie , haute de 150 m de haut, qui doit voir le jour dans le quartier de la gare.
Vue aérienne de la future Tour Occitanie , haute de 150 m de haut, qui doit voir le jour dans le quartier de la gare. — Cie de Phalsbourg Luxigon/ Libeskind
  • Quatre associations et cinq riverains demandent au tribunal administratif d’annuler le permis de construire de la Tour d’Occitanie.
  • Ils s’inquiètent notamment des conséquences environnementales du premier gratte-ciel de Toulouse.
  • La métropole assure que toutes les études d’impact ont été menées.

Comment chauffer et climatiser une tour de 150 mètres de haut dans un contexte de changement climatique ? Comment être sûr que son « ruban végétal » va résister aux coups de vent d’Autan et ne pas mettre en danger les piétons qui passeront dessous ? Ces questions, et bien d’autres encore, sont celles posées par les opposants au projet de gigantesque Tour d’Occitanie à Toulouse, présentée comme « un geste architectural audacieux ».

Estimant que les réponses sont pour l’heure bien minces « pour un projet de cette dimension qui concerne un endroit stratégique de Toulouse », quatre associations* et cinq particuliers ont déposé jeudi auprès du tribunal administratif un recours contre le permis de construire délivré par Toulouse Métropole au promoteur La Compagnie de Phalsbourg.

Nappe phréatique

« L’étude d’impact ne va pas au fond », estime Richard Mebaoudj, président de l’association « Non au Gratte-Ciel de Toulouse ». Le riverain garde en travers de la gorge l’annonce surprise de cette tour, faite en mars 2017 depuis Cannes par le maire Jean-Luc Moudenc, alors que les associations planchaient depuis plusieurs mois sur la transformation de leur quartier. Mais par-dessus ce « péché originel » s’empilent des critiques concrètes. Jean Olivier, le directeur de France Nature Environnement en Midi-Pyrénées, s’inquiète notamment d’un « effet de barrage sur la nappe phréatique ». Elle est « particulièrement haute » au niveau de la parcelle de l’ancien tri postal ou doit être construite la tour et il craint que les fondations n’augmentent « le risque de saturation » du régime hydraulique souterrain.

Ce recours technique s’ajoute à une autre procédure administrative, pas encore jugée, qui reproche notamment à ce projet – prévoyant, sur 40.000 m2 et 40 étages, des bureaux, des appartements et un hôtel de luxe – de ne pas comporter de logements sociaux.

« J’ai surtout l’impression que c’est une prise de position dogmatique », estime Annette Laigneau, l’adjointe à l’urbanisme. L’élue affirme que l’étude d’impact menée est complète. « Elle a analysé l’impact des fondations sur la nappe phréatique et conclut qu’il n’y en avait pas, affirme-t-elle. Il y a aussi eu des études aéroliques concernant le vent. Par ailleurs, le choix des espèces du ruban végétal a été réfléchi en fonction des étages. Il y aura un paysagiste à demeure pour s’occuper des plantations ».

Annette Laigneau s’en remet aux juges pour faire la part des choses. En attendant, la Tour d’Occitanie​ va jeter son ombre longiligne sur la campagne municipale.

* Non au Gratte-Ciel, les Amis de la Terre, le Droit au Logement et France Nature Environnement.