Occitanie : Cheval de Mérens, porc noir de Bigorre, âne des Pyrénées… Ces races locales sauvées in extremis

DE CHEZ NOUS Jusqu’à dimanche à Toulouse, le salon « Regal » met l’accent sur les variétés de races animales et espèces végétales sauvegardées au cours des dernières décennies

Béatrice Colin

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L'âne des Pyrénées est l'une des races  locales présentes aux Rencontres gustatives agricoles et ludiques, plus connues sous le nom de salon Regal, à Toulouse.
L'âne des Pyrénées est l'une des races locales présentes aux Rencontres gustatives agricoles et ludiques, plus connues sous le nom de salon Regal, à Toulouse. — B. Colin / 20 Minutes
  • Le salon « Regal », la version occitane du salon de l’agriculture, ouvre ses portes jusqu’à dimanche au Parc des Expositions de Toulouse.
  • Cette année encore, les races animales et les espèces végétales locales sont mises en valeur auprès des visiteurs.
  • A cette occasion, le conservatoire du patrimoine biologique régional abordera les 17 espèces et races qui ont pu être sauvegardées depuis sa création il y a trente ans.

Elle est connue depuis des millénaires, le roi Henri IV lui a même donné ses lettres de noblesse à travers la « poule au pot ». Et pourtant, il y a quelques années, la poule Noire d’Astarac Bigorre aurait tout simplement pu disparaître sans la création en 2003 de l’association « la poule gasconne » pour protéger la race et développer sa production.

Tout comme le porc noir de Bigorre. « C’est l’une des races sauvées les plus emblématiques. Il restait deux mâles et vingt femelles il y a quelques années. Une filière a réussi à être montée, aujourd’hui des gens vivent de son élevage et il y a une identité autour de ce produit », indique Vincent Labarthe, le vice président à l’agriculture de la région Occitanie, organisatrice du  salon «Regal», jusqu'à dimanche au Parc des expositions.

Cette année, la version toulousaine du salon de l’agriculture et du terroir met en valeur les 17 espèces animales et végétales sauvegardées grâce au conservatoire du patrimoine biologique régional créé il y a trente ans.

Parmi elles, on trouve des variétés anciennes de châtaigne, la brebis rouge du Roussillon ou encore les chevaux de Mérens. Si cette dernière race est aujourd’hui sauvée, elle était en péril dans les années 1970.

« Son berceau est l’Ariège et on dit que ce sont des Mérens qui sont dessinés dans la grotte de Niaux. C’est un cheval rustique, adapté aux Pyrénées, on a même eu des contacts avec des Chinois, intéressés pour leurs zones de montagnes escarpées », estime Jean-Daniel Berges de la société hippique d’élevage de la race pyrénéenne ariégeoise (Sherpa) dite cheval de Mérens.

Aujourd’hui préservés, ils sont plus souvent utilisés pour des activités touristiques et de loisirs que pour le labeur agricole.

Diversité génétique

C’est aussi le cas du cheval castillonnais qui compte une dizaine de naissances par an, avec seulement 500 spécimens au total en France. « Depuis une vingtaine d’années, nous travaillons pour relancer cette race très menacée. C’est important de valoriser les spécificités de chaque région. Elevé des chevaux de race locale, c’est cohérent car elles sont adaptées et cela fait vivre du monde », renchérit Fabrice Bourrianne, éleveur en Ariège pour qui « c’est un patrimoine vivant à connaître et protéger ».

Pour valoriser ses bêtes, il travaille avec les villes. Ses chevaux ont ainsi participé pendant plusieurs mois à la collecte des cartons des commerçants à Saint-Girons, régulièrement ils tirent le traîneau du Père Noël ou travaillent dans les vignes.

Les ânes de Pyrénées de Nicolas Salviac font de l’écopâturage ou des sorties randonnées. Chaque année, on ne dénombre pas plus de 90 naissances de cette espèce petite et trapue. « C’est l’une des races les plus anciennes qui est à l’origine d’autres se trouvant aux Etats-Unis ou en Espagne, les sauvegarder permet de conserver un patrimoine génétique. Il y a un intérêt touristique à travailler avec une race locale. Quand vous allez faire une randonnée en Camargue, vous voulez que ce soit avec des chevaux camarguais », insiste l’éleveur.