Toulouse : Avec un tracteur à bagages sans conducteur, l’aéroport s’offre une première mondiale

HIGH TECH Un tracteur à bagages autonome a été testé pour la toute première fois mardi, en conditions réelles, sur les pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac

Hélène Menal

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Le premier tracteur à bagages autonome sur le tarmac de l'aéroport Toulouse-Blagnac.
Le premier tracteur à bagages autonome sur le tarmac de l'aéroport Toulouse-Blagnac. — H. Menal - 20 Minutes
  • Un tracteur à bagages sans chauffeur se « balade » sur les pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac.
  • Mardi, pour la première fois au monde, il a pris en charge les valises d’un vol commercial.
  • L’idée est de gagner en sécurité en évitant les incidents liés à l’erreur humaine sur un tarmac aux allures de fourmilière.

Les passagers de la navette Air France entre Orly et la Ville rose de 10 h45 ont vécu un épisode banal mardi matin : ils ont été retardés à cause du brouillard. Mais sans qu’ils se rendent compte de rien, leurs valises, elles, ont participé sur le tarmac de l'aéroport Toulouse-Blagnac à « une première mondiale ». Elles ont été acheminées vers la galerie à bagages par un engin manœuvrant seul sur la piste, sa cabine vide laissant une drôle d’impression.

Ce premier tracteur à bagages autonome, fruit d’une co-innovation entre Air France, le constructeur Charlatte et la société high-tech Navya, est en test depuis le 15 novembre. Mais c’est la première fois qu’il s’élançait « en conditions réelles ».

Gains de maintenance

L'engin électrique, a priori identique à ses « congénères », est doté d’une multitude de capteurs lui permettant de reconnaître son environnement et de détecter les obstacles à 360°. Un opérateur entre sur une tablette son point de destination, et il s’y rend, en toute sécurité, en respectant notamment la vitesse réglementaire.

Du point de vue des passagers, le saut technique est imperceptible : leurs bagages ne sont ni retardés ni livrés plus rapidement. En revanche, la compagnie comme l’aéroport gagnent en sécurité. « Nous pouvons éviter les incidents liés à l’erreur humaine », explique Philippe Crébassa, le président du directoire de la plateforme. Collisions entre engins, accrochages de portails, « plusieurs dizaines » d’incidents de ce genre se produisent chaque année à Toulouse-Blagnac. En les empêchant, les opérateurs espèrent faire baisser les coûts de maintenance.

Pour l’heure, le Charlatte autonome n’accoste pas directement les appareils, la réglementation du moment ne le permet pas, et un humain reprend les manettes en « zone avion ». Sa commercialisation est envisagée pour le deuxième semestre 2020. Et il devrait coûter plus du double que ses homologues avec chauffeur.