Toulouse : Des commerçants détournent le « Black Friday » en « Green Friday »

CHOIX Et si pour le « Black Friday » vous alliez raccommoder votre vieux sac dans un magasin ? A Toulouse, certaines boutiques militantes détournent, ou contournent, l’événement commercial

Hélène Menal
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De plus en plus de commerçants détournent le
De plus en plus de commerçants détournent le — Nattanan Kanchanaprat - PixaBay
  • Vendredi, c’est « Black Friday », ou « Green Friday » pour les allergiques à la surconsommation.
  • A Toulouse, des commerçants détournent l’événement en ode aux achats durables.

Entre se jeter frénétiquement sur les promos du « Black Friday » pour des achats compulsifs qui vont s’avérer inutiles et bouder dans son coin en pestant contre une surconsommation importée des Etats-Unis, il y a une voie médiane : le « Green Friday », une célébration de l’achat responsable et durable.

A Toulouse, des commerçants s’y convertissent petit à petit. Et, comme souvent, la place Arnaud-Bernard donne le ton. Deux de ses commerces, Thé Coul où l’on peut siroter son infusion en décorant des tasses en céramique et son voisin Bhallot, créateur de sacs et d’espadrilles en fibres naturelles, annoncent qu’ils « boycottent » le « Black Friday ». Le mot est un peu fort. En fait, ils le détournent. « Le but n’est pas de culpabiliser les gens mais de les accompagner pour lutter par exemple contre l’obsolescence programmée », explique Jean-Baptiste Astau, cofondateur de Bhallot.

Maud de Thé Coul et Jean-Baptiste Astau de Bhallot, deux commerçants plutôt Green Friday que Black Friday.
Maud de Thé Coul et Jean-Baptiste Astau de Bhallot, deux commerçants plutôt Green Friday que Black Friday. - Bhallot

Dans l’atelier de son magasin, les machines à coudre industrielles seront vendredi en libre-service. « On pourra y recoudre, y réparer son sac, même rapiécer ou créer des vêtements », précise le jeune entrepreneur.

Electroménager de seconde main

Et une fois ledit sac ressuscité, direction Thé cool pour s’occuper les mains et le personnaliser en gravant des étiquettes en céramique. Jean-Baptiste Astaud reconnaît que l’opération va aussi permettre de faire connaître sa marque. « Mais aussi ses valeurs qui sont écoresponsables », ajoute-t-il. Il ne refusera pas les ventes, surtout avec Noël qui approche, mais reversera 10 % de son chiffre d’affaires à une association qui lutte contre l’obsolescence programmée.

Loin du centre-ville, dans la zone de Thibaud, l’entreprise d’insertion Envie, dont la spécialité est soit de recycler, soit de réparer et revendre des appareils électroménagers, apportera aussi sa pierre « aux alternatives responsables à la surconsommation ». « Vendredi ceux qui nous amèneront un vieux téléviseur en panne, une machine à laver ou tout autre appareil auront droit à une remise de 10 % sur le magasin », assure Patrick Navas, le responsable administratif des ventes. Les curieux pourront même demander à visiter l’atelier, loin de la foule des magasins.