Toulouse : « Et si Banksy était une femme » ou comment découvrir la face cachée (et féminine) du street art

PODCAST Deux amies, une artiste et une journaliste, relèvent le défi de dépeindre en podcast la facette féminine, souvent oubliée, du street art.

Hélène Menal

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L'artiste Popnographe et son amie Elodie Patente.
L'artiste Popnographe et son amie Elodie Patente. — Et si Banksy...
  • Personne ne doute que Banksy soit un homme, ce qui illustre le manque de visibilité des femmes dans le street art.
  • A Toulouse, deux amies, l’une journaliste, l’autre « artiviste », ont décidé de réparer l’injustice dans un documentaire sonore.
  • Pour finaliser leur projet culotté de podcast, elles font appel au financement participatif.

Allez-y, citez de but en blanc trois pointures féminines du street art. Vous séchez ? Vous bafouillez ? Normal. La pratique a beau être contemporaine et transgressive, elle n’échappe pas aux vieux réflexes. Les stars, les figures qui viennent spontanément à l’esprit sont des hommes.

Personne ne doute par exemple que l’énigmatique Banksy soit un homme, même si divers indices vont dans ce sens. « Tout le monde croit savoir, mais au fond on ne sait pas », assure, dans un sourire, Lauren, alias « l’artiviste » toulousaine Popnographe. Avec son amie Elodie Potente, elles ont fait le test à maintes reprises. Et selon elles pas de doute, il y a « un vrai défaut de visibilité des femmes dans street art ».

Une injustice que la journaliste accro aux podcasts et l’artiste, qui doit sa vocation à la pionnière toulousaine Fafi, passent leur temps – week-ends et soirées comprises – à réparer à travers un documentaire sonore en six épisodes : « Et si Banksy était une femme ».

La légitimité des femmes dans la rue

De Montpellier à Lyon en passant par Toulouse, les deux amies relèvent le défi de montrer à entendre les bombes de peinture qu’on secoue, les pots de colle qu’on remue et cet univers riche mais trop souvent anonyme du street art au féminin.

Colleuse engagée, Popnographe travaille en plein jour et sur des supports autorisés. « Mais nous avons aussi voulu savoir quelle dimension ça revêt d’être une femme dans la rue, qui s’approprie un morceau de mur alors qu’elle se sent déjà limite illégitime comme simple passante », explique-t-elle. Portraits croisés, immersion avec les colleuses qui dénoncent les féminicides, et peut-être des historiens de l’art décryptant le phénomène en bonus.

Pour l’heure, seul le premier épisode est en montage, les autres sont en cours d’écriture. Pour parachever leur fresque sonore plutôt culottée, Lauren et Elodie, déjà lauréates de la « Podcast creators session » de la plateforme Majelan et de kisskissbankbank, comptent sur le financement participatif. Un coup de pouce pour ce tableau féministe soit complet.