Décès à l’Ehpad de Lherm : « Les conditions d’hygiène n’étaient pas respectées » selon un avocat des familles

JUSTICE Après l’intoxication mortelle de cinq résidents dans un Ehpad de Lherm en mars dernier, un avocat des familles de victimes pointe des manquements en matière d’hygiène et de sécurité

Béatrice Colin

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Décès dans un Ehpad: Agnès Buzyn veut que «toute la transparence soit faite» — 20 Minutes
  • Le 31 mars 2019, cinq pensionnaires de l’Ehpad de Lherm, en Haute-Garonne, étaient victimes d’une intoxication alimentaire mortelle.
  • Nicolas Raynaud deLage, un des avocats de familles de victimes pointe du doigt les « conditions d’hygiène et la chaîne du chaud et du froid non respectée ».
  • Le groupe Korian, propriétaire de l’Ehpad depuis février 2019, indique collaborer à l’enquête en cours et avoir « toute confiance » en elle pour connaître les raisons de ce drame.

Le 31 mars 2019, cinq résidents de l'Ehpad de Lherm, en Haute-Garonne, décédaient après avoir avalé leur repas du soir. Une vingtaine d’autres résidents de la maison de retraite « La Chêneraie », rachetée par le  groupe Korian deux mois auparavant, avaient aussi été hospitalisées.

Rapidement, l’hypothèse d’une l’intoxication alimentaire avait été évoquée, avant d’être confirmée par le procureur de la République grâce aux analyses réalisées sur les repas. Et la bactérie ne serait pas arrivée là par hasard selon un des avocats des familles de victimes.

« Les mesures d’hygiène et le protocole usuel dans ce genre d’établissement n’étaient pas respectés », indique à 20 Minutes Me Nicolas Raynaud de Lage confirmant une information de France Bleu Occitanie.

« Chaîne du froid et du chaud pas respectée »

« Ni la chaîne du froid, ni la chaîne du chaud n’étaient respectées. Normalement les aliments en sortie de cuisine doivent être conservés à une certaine température avant d’être livrés en chambre. Là, le meuble casier appelé "échelle", qui permet de maintenir les plats à température et d'éviter que les bactéries se développent, n’a jamais fonctionné. Les personnels n’avaient pas le matériel adéquat alors qu’ils l’ont réclamé à plusieurs reprises », relève l’avocat.

Au-delà du manque de personnel et de matériel, l’Ehpad avait fait l’objet quelques mois auparavant de deux avertissements d’un organisme chargé de veiller aux bonnes conditions d’hygiène selon ce représentant de certaines familles. « Ils ont été alertés, on leur a dit qu’ils n’étaient pas dans les clous. Ce qu’ils ont fait ce sont des économies de bouts de chandelle, il aurait mieux valu sortir l’argent et investir », plaide Nicolas Raynaud de Lage.

Pour un porte-parole groupe Korian, sollicité par 20 Minutes, « l’enquête en cours seule peut apporter les réponses et nous y collaborons ». « Ces déclarations sont le point de vue d’un avocat de parties civiles, ce n’est pas une communication du parquet. Nous avons toute confiance dans l’enquête et nous sommes déterminés à connaître les raisons de ce drame », assure le gestionnaire de l’Ehpad.

Selon lui, un ensemble d’audits avait été réalisé par des experts indépendants lors de l’intégration de la résidence dans groupe Korian et n’avait « pas montré de dysfonctionnement ».