« Gilets jaunes » à Toulouse : Près de 800 interpellations en un an, 355 personnes condamnées

AFFRONTEMENTS En un an, le mouvement des « gilets jaunes » a aussi peuplé les cellules de garde à vue et les couloirs du palais de Justice de Toulouse

Hélène Menal

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Lors d'une manifestation des
Lors d'une manifestation des — F. Scheiber - Sipa
  • A Toulouse, bastion des « gilets jaunes », 792 manifestants ont été interpellés en un an.
  • Quarante-sept ont été condamnés à de la prison. Quarante-trois plaintes ont été déposées contre les forces de l’ordre et l’IGPN a été saisie onze fois mais aucun fonctionnaire n’est poursuivi pour l’instant.

Regain ou baroud d’honneur ? Ces dernières semaines, les «gilets jaunes» n’étaient plus que quelques centaines à défiler le samedi dans les rues de Toulouse, pourtant bastion de la contestation, et les interpellations se comptaient sur les doigts d’une main.

Mais pour ce week-end, date anniversaire du mouvement, il est fort possible que la colère monte à nouveau d’un cran. Sur leurs réseaux sociaux, les « gilets jaunes » annoncent, en plus de la traditionnelle manifestation de 14h en centre-ville, un retour en force sur les ronds-points et des blocages de zones commerciales. La préfecture indique de son côté que le dispositif de sécurité sera « adapté », autrement dit renforcé.

Et, si le ton monte, les commissariats pourraient aussi retrouver le parfum et l’animation des débuts. Dans un bilan dressé ce vendredi, Dominique Alzéari, le procureur de la République de Toulouse a fait état de « 792 interpellations », dont 663 ont débouché sur une garde à vue, en un an.

43 peines de prison fermes

« Nous avons eu une politique pénale habituelle avec des réponses extrêmement diversifiées », a précisé le magistrat. Elle a conduit 319 personnes devant le tribunal. Parmi elles, 47 ont été condamnées à de la prison ferme, dont une s’est retrouvée à l'ombre pour trois ans​. 208 autres n’ont pris que du sursis et 22 ont eu la joie d’être relaxées. 28 affaires restent en attente de jugement, 122 enquêtes sont encore en cours.

De l’autre côté de la barrière, 43 manifestants toulousains ont déposé plainte contre les forces de l’ordre. Le parquet a décidé de classer 19 dossiers sans suite et de saisir l’IGPN dans onze cas. 21 enquêtes sont encore en cours. Pour l’heure, aucun policier n’est renvoyé devant un tribunal. « Mais il ne faut pas exclure qu’il y ait des procédures où ils soient amenés à s’expliquer », assure Dominique Alzérari. Enfin, sur les quelque 300 fonctionnaires de police blessés en opération, 177 ont eux aussi la justice.