Municipales 2020 à Toulouse : C’est quoi au juste ce projet de « bouclier végétal » ?

CLIMAT Faure sauter le bitume partout où cela sera possible et le remplacer par des plantes, y compris autour de la rocade. C’est le projet de Nadia Pellefigue (PS-PS-PRG), candidate au Capitole. Explications

Hélène Ménal

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Les berges de la Garonne à Toulouse.
Les berges de la Garonne à Toulouse. — FRED SCHEIBER
  • La candidate Nadia Pellefigue (PS, PC, PRG) veut doter Toulouse d’un « bouclier végétal ».
  • Elle propose notamment verdir les murs antibruit de la rocade, de « débitumer » 15.000 places de partking.et de récupérer les eaux pluviales dans des réservoirs pour l’irrigation.
  • En s’appuyant sur des spécialistes, elle souhaite faire de la Ville rose un « laboratoire de la végétalisation ».
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Rendre la Ville rose plus verte. Aucun candidat aux Municipales 2020 ne pourra échapper à ce défi dicté par le réchauffement climatique et à la nécessité de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) ou de les absorber par une végétalisation intensive. Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM), pose des jalons depuis quelques mois, évoquant la nécessaire « débitumisation » du domaine public et en promettant de planter 100.000 arbres d’ici 2030.

Nadia Pellefigue, la candidate PS-PC-PRG, a surtout noté que « des plots en béton » ont été « peints en vert » et que des magnolias ont été plantés rue d’Alsace-Lorraine « pour 600.000 euros ». Elle aussi veut planter des arbres. Mais pas que. Son arme à elle est un « bouclier végétal ».

Du lierre sur la rocade et des réservoirs sous les ponts du métro

Concrètement, il consisterait à « une végétalisation à grande échelle des espaces publics mais aussi des axes routiers ». « Les murs antibruit de la rocade pourraient par exemple être recouverts de lierre ou de philodendrons, d’espèces adaptées et dont on est sûr qu’elles tiendront longtemps, et qui ne représentent pas un investissement énorme », explique Kévin Louis, un chercheur en agro-industrie – non encarté – qui a planché sur la question pour la candidate, piochant des idées à Mexico, Utrecht, Montréal ou Nantes. « Les seuls murs antibruit représentent l’équivalent de 31 terrains de rugby », précise Nadia Pellefigue. Elle veut aussi « débitumer » des cours d’école et 15.000 places de stationnement qui, même enherbées, garderaient leur fonction.

Mais rien ne sert de poser un dôme vert sur Toulouse, si son arrosage épuise des réserves en eau déjà maigres. Le projet est donc de récupérer les eaux pluviales en créant des réservoirs : le long des routes mais aussi entre les piliers des ponts aériens du métro. « L’équivalent de 100 piscines olympiques tombe en pluie sur la rocade tous les ans, l’idéal serait de constituer une réserve pour l’irrigation durant les deux mois les plus secs », illustre Kévin Louis.

Le chercheur veut également dans un cercle vertueux, que la collectivité fabrique du compost avec ses déchets organiques.

Le bouclier végétal, c’est aussi le développement du maraîchage, de « forêts urbaines » ou encore des « permis de végétaliser » l’espace public pour les particuliers, avec des « maisons du jardinage » pour ceux qui n’ont pas la main verte mais voudraient piocher des conseils ou des graines.

Les sortants sceptiques

« Nadia Pellefigue nous rejoint sur la végétalisation », réagit François Chollet (Agir), l’élu en charge du Plan climat au Capitole, qui semble estimer qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil. « Nous avons planté 18.000 arbres au cours de ce mandat, fait passé de 10 à 17 le nombre de jardins partagés et nous poursuivrons dans ce sens », ajoute ce membre l’équipe Moudenc. Sans se priver de décocher quelques flèches dans le bouclier : « La végétalisation, nous voulons la faire au plus près des gens, pas sur la rocade. Les plantes absorbent le CO2 mais pas les particules fines qui sont nuisibles à la santé ».