VIDEO. Toulouse : Spectaculaire et périlleux… Découvrez le cheerleading avec les Wolves, lancés à la conquête du monde

SPORT Discipline mixte méconnue en France, le cheerleading s’est fait une place à Toulouse. Plus particulièrement à l'université Paul-Sabatier, tanière des Wolves, qualifiés pour les Mondiaux 2020 en Floride

Nicolas Stival

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Les Wolves de Toulouse, champions de France de cheerleading à Eaubonne dans le Val-d'Oise, le 1er juin 2019.
Les Wolves de Toulouse, champions de France de cheerleading à Eaubonne dans le Val-d'Oise, le 1er juin 2019. — Wolves Toulouse Cheerleading
  • Sport mixte d’origine américaine, le cheerleading réunit plus de 80 passionnés à Toulouse, dans le club universitaire des Wolves.
  • Les « Loups » de la Ville rose, champions de France, visent désormais les championnats du monde d’Orlando, en avril prochain.
  • Ils ont lancé un financement participatif pour boucler le budget de leur voyage outre-Atlantique.

Dans une vie antérieure, ces filles et ces garçons ont fait de la gymnastique, de l’équitation, du karaté, du volley ou encore de la danse. Aujourd’hui, ils sont réunis au sein des Wolves Toulouse Cheerleading, et enchaînent portés, sauts et acrobaties sur le praticable du gymnase de l’université Paul-Sabatier.

Ces jeunes loups, nés en 2014, se mêleront à près de 10.000 autres athlètes lors des championnats du monde d'Orlando, du 24 au 26 avril 2020. Ils ont gagné un billet pour la Floride grâce à leur titre de champion de France, le 1er juin dernier à Eaubonne, dans le Val-d'Oise.

Quand on lui dit « cheerleading », le béotien a tendance à répondre pompons, sport US et teen movies. L’affiliation de cette discipline mixte à la FFFA (Fédération française de foot américain) n’aide pas à sortir des clichés. Présidente-joueuse des Wolves depuis trois ans et demi, Claire Pichot (25 ans) met les choses au point.

« On pourrait dire que d’un côté, il y a la cheerdance, hyperrythmée, hypersynchronisée, comme de la danse classique. De l’autre, il y a le cheerleading, avec des portés, de la gym, de l’acrosport et un tout petit peu de danse. Nous sommes environ 9.000 licenciés en France. Et entre les deux, on trouve les pom-pom girls »

Le club toulousain compte plus de 80 adhérentes et adhérents, divisés en trois équipes : loisirs, France et World laquelle, comme son nom l’indique, participera au Mondial floridien. Cette formation élite s’appuie sur 25 éléments de 18 à 30 ans, dont six garçons.

« Nous sommes une famille »

Parmi eux, Juan Lopez. « Une amie m’a proposé de faire un essai de cheerleading il y a un peu plus de deux ans, confie ce Colombien de 28 ans, venu de la salsa. Je n’étais pas très chaud. Dès le premier lancer, j’ai adoré. Le fait de pouvoir réussir des choses en groupe, de se surpasser… Il y a une ambiance vraiment bienveillante, nous sommes une famille. »

Et cette famille trime, même si c’est dans la bonne humeur : « Il y a dix heures d’entraînement obligatoire, et je peux faire six à huit heures de plus », sourit le jeune homme, qui évolue en tant que base (comme Claire Pichot), l’un des postes de ce sport très codifié. Il faut deux bases (porteurs côté) et un « back » (porteur arrière), qui peuvent être appuyés par un « front » (porteur avant) pour soutenir et faire sauter les « flyers » (voltigeurs, plus souvent voltigeuses).

L'été, les Wolves Toulouse Cheerleading s'entraînent dans le jardin du Grand-Rond, en centre-ville.
L'été, les Wolves Toulouse Cheerleading s'entraînent dans le jardin du Grand-Rond, en centre-ville. - Wolves Toulouse Cheerleading

« La voltigeuse peut être montée à trois ou quatre mètres », précise la présidente des Wolves. Voire davantage, comme le prouve l’état d’une dalle du faux plafond du gymnase, doté par ailleurs d’un praticable dynamique, une rareté en France. Ainsi répartis, les 25 athlètes enchaînent en musique les mouvements pour proposer en compétition une « routine » d’environ 2 minutes 30 secondes.

« Pop off », « leap frog », « toe touch »… Le jargon du cheerleading ressemble à un cauchemar pour Immortels de l’Académie française. Et sa mise en pratique à un véritable exploit athlétique, pas dénué de risques pour les chevilles ou les coudes, mais pas que… « Il y a au moins un passage par an aux urgences dans l’équipe », observe Claire Pichot, qui s’est notamment fracturé le plafond orbital. Mais une fois rétabli, on replonge vite, selon la jeune femme : « C’est un sport addictif ».

Les Nord-Américains plus décomplexés

En championnat, de nombreux juges veillent à ce que les cheerleaders se plient aux canons d'une discipline née dans les universités US à la fin du XIXe siècle, et dominée par des formations nord-américaines comme les Québécois des Flyers All-Starz ou les Top Gun floridiens. Gare aux équilibres mal assurés, aux bras baladeurs. Rien ne doit dépasser.

« Ce qui nous manque par rapport aux meilleurs, c’est le dynamisme, reprend Claire Pichot. On fait la même chose qu’eux mais c’est moins sec, moins direct. Ils ont une énergie à l’américaine et n’ont honte de rien. » Un sacré avantage quand la notation repose en partie sur la faculté d’une équipe à faire lever le public, comme l’indique le « cheer » contenu dans le nom (que l’on peut traduire par « acclamation » ou « bonne humeur »). En bref, on souffre, mais il ne faut surtout pas le montrer.

Les Wolves ne partiront pas favoris, loin s’en faut, à Orlando, au cœur du parc Walt Disney World Resort. Mais ils s’entraînent dur pour imposer leur « French Touch » lors d’un séjour au budget coquet, évalué à environ 33.500 euros. Pour réunir la somme, les Loups toulousains ont notamment lancé une opération de financement participatif.