Toulouse: Gilles Bertin, punk et braqueur repenti après 28 ans de cavale, est mort à Barcelone

DECES Gilles Bertin, ancienne figure emblématique du punk des années 1980, est mort jeudi à Barcelone. Pendant vingt-huit ans il avait été en cavale pour le braquage de la Brinks à Toulouse, avant de se rendre à la justice en 2016

B.C. avec AFP

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Gilles Bertin, l'ex chanteur punk, et son avocat, Christian Etelin, à leur arrivée devant les assises de la Haute-Garonne le 6 juin 2018.
Gilles Bertin, l'ex chanteur punk, et son avocat, Christian Etelin, à leur arrivée devant les assises de la Haute-Garonne le 6 juin 2018. — REMY GABALDA / AFP

Un jour de novembre 2016, il avait franchi à pied la frontière franco-espagnole, 28 ans après avoir pris la fuite de l’autre côté des Pyrénées, pour se rendre à la police.  Gilles Bertin, bassiste emblématique du groupe bordelais Camera Silens, est mort jeudi à Barcelone à l’âge de 58 ans.

Après le Portugal, c’est là que cette figure du punk français des années 1980 avait refait sa vie et avait eu un fils, sous les écrans radar de la police qui le recherchait pour le casse du dépôt de la Brink’s, perpétré avec une dizaine de comparses en 1988. Avec une équipe d’une dizaine de personnes, il avait enlevé et séquestré deux vigiles et leurs épouses, puis vidé la chambre forte d’un butin de près de 12,3 millions de francs. Aucun coup de feu n’avait été tiré.

Cinq ans avec sursis

Deux ans après sa reddition, l’homme au visage émacié, malade du sida, avait été rejugé par les assises de la Haute-Garonne, après une première condamnation par contumace. A la barre, où aucune partie civile ne s’était présentée, il avait expliqué s’être rendu pour payer sa dette et retrouver son identité, notamment pour son fils.

La cour l’avait alors condamnéà cinq ans de prison avec sursis. « C’était un personnage au destin extraordinaire, tragique, ayant flirté avec l’absurde. Il avait fait tout ça pour retrouver une existence sociale normale. Il voulait parler, assumer son rôle de père et assumer son passé, pouvoir parler à son fils Tiago de ce qu’il avait été, il ne voulait pas inventer un personnage », a expliqué à l’AFP Christian Etelin, son avocat.

En début d’année, Gilles Bertin avait sorti un livre pour raconter Trente ans de cavale.